la décrue de l’épidémie se poursuit, mais à un rythme moins soutenu


Un personnel de santé regarde les notes médicales d’un patient dans un hôpital de Saint-Denis, près de Paris, le 4 mai 2021.

La météo du Covid-19 est au beau. La décroissance de l’ensemble des indicateurs de l’épidémie se confirme pour la cinquième semaine d’affilée. Les niveaux d’hospitalisation ont atteint ceux de la mi-mai 2020, au moment du premier déconfinement ; le nombre de personnes en soins critiques a franchi à la baisse le seuil des 3 000 personnes le 1er juin. Les décès de patients hospitalisés pour Covid-19 ont continué à diminuer et sont passés sous les 100 par jour.

Pour autant, il est encore trop tôt pour affirmer que l’épidémie est derrière nous. Le taux de reproduction est légèrement remonté, de 0,75 à 0,8, et atteint même 0,88 pour les admissions en services de réanimation. « Cette remontée a commencé début mai, ce qui correspond à la reprise scolaire du secondaire, sachant qu’il peut aussi y avoir un effet, certes plus limité, du primaire », analyse Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier.

Pour ce qui est d’un éventuel « effet terrasses » que laissait craindre la première étape du déconfinement, le 19 mai, aucune reprise des contaminations n’est à observer pour le moment, mais il faudra encore attendre une semaine avant de pouvoir mesurer précisément les conséquences de ces réouvertures. « On ne s’attend pas à ce que ces activités extérieures remettent l’épidémie en route, car il y a eu un effet beaucoup plus important du troisième confinement qu’attendu », souligne le chercheur.

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Cette forte décroissance de l’épidémie n’avait pas été anticipée par la plupart des modèles épidémiologiques. Concernant celui de son équipe de modélisation, Mircea Sofonea explique qu’il avait été calibré sur le modèle des deux premiers confinements, où le taux de reproduction chutait fortement dans la première phase pour remonter ensuite. Mais dans le cas du troisième confinement, la semaine de Pâques s’est finalement révélée plus propice à la circulation du virus que celles qui ont suivi.

« Cela montre que les modèles ont encore des choses à améliorer », reconnaît Mircea Sofonea, tout en rappelant qu’ils se fondent sur des hypothèses et qu’il ne s’agit en aucun cas de prédictions. Pour le chercheur, cette décroissance inattendue confirme que la fermeture des écoles a cassé les chaînes de transmission.

Protection de la vaccination

De son côté, Jean-Stéphane Dhersin, directeur adjoint de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions du CNRS, souligne que les modèles ont mal intégré les jours fériés du mois de mai, interprétés différemment selon les experts dans le calcul du taux d’incidence. Car il s’agit à chaque fois de compenser les faibles taux de dépistage de ces journées exceptionnelles, soit en leur appliquant les données d’une journée normale, soit en les « oubliant ». « On a eu une vue floue sur la descente, certes moins rapide que celle de la deuxième vague, mais constante, admet le mathématicien. Il y a également eu un problème d’identifiabilité des causes, plusieurs causes entraînant les mêmes effets. »

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