les femmes en première ligne face au Covid-19


Aude Pambou, aide-soignante en Ehpad à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), le 16 avril 2020.

Elles ont été applaudies, célébrées à grands coups de casseroles frappées avec enthousiasme aux balcons des grands ensembles ou aux portes des maisons. Pour leur dire merci d’affronter la pandémie la plus grave qu’ait connue le pays depuis des décennies. D’abord, les personnels soignants, les infirmières et les aides-soignantes, au féminin, car il est des professions où ce genre s’impose. Ceux et celles que le président de la République Emmanuel Macron, dès son allocution du 12 mars 2020, appelait, dans un langage relevant plus de la guerre de tranchée, « la première ligne ». Ensuite, dans la deuxième ligne, les enseignants, les caissiers et caissières, les agriculteurs, les travailleurs sociaux, les éboueurs, les personnels de sécurité et de nettoyage, etc.

Les statistiques sont indiscutables : les femmes représentent 86 % des postes d’infirmiers/sages-femmes, 92 % des aides-soignants, 77 % des professions paramédicales, 82 % des caissiers/employés de libre-service, 97 % des assistantes maternelles ou encore 72 % des agents de nettoyage, selon les chiffres publiés en mai 2021 par la Dares, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du travail.

La fermeture des crèches et des écoles a évidemment eu une incidence sur celles à qui échoient souvent les tâches familiales

Et c’est parmi ces emplois que se trouve la plus grande part des salariés contaminés par le virus SARS-CoV-2. « Les femmes travaillent plus souvent dans des professions où les conditions de travail se sont davantage dégradées, ce qui allait aussi de pair avec une dégradation de leur santé, physique et psychique : la coopération sur le lieu de travail, le soutien des collègues, les horaires décalés, la charge de travail, l’intensité émotionnelle… Alors que ces conditions de travail sont restées à peu près stables dans l’industrie, la construction ou l’agriculture, secteurs qui sont moins féminisés », analyse Mikael Beatriz, adjoint au chef du département conditions de travail et santé à la Dares.

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Isabelle Privé, institutrice d’une classe de CE1 à Bihorel (Seine-Maritime). Pendant le premier confinement, alors que l'école n'accueillait que les enfants des soignants, elle s'est portée volontaire avec la directrice pour donner les cours, en plus de la gestion de sa classe habituelle en distanciel. Ici le 9 avril 2020.

Dans une enquête intitulée Tracov (menée auprès de 50 000 salariés), 6 % des femmes – contre 4 % des hommes – déclarent avoir été contaminées sur leur lieu de travail.

Les statistiques, encore, confirment cette vulnérabilité des femmes face à la pandémie. Selon le ministère du travail, le recours à l’activité partielle a, en avril 2021, enregistré une forte augmentation dans le secteur du commerce : + 38 %, avec la fermeture des commerces dits « non essentiels ». Dans l’éducation, la santé et l’action sociale aussi, il a connu une hausse sensible (+ 183 % en un mois). La fermeture des crèches et des écoles a évidemment eu une incidence sur celles à qui échoient souvent les tâches familiales.

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