Moins de la moitié des personnes obèses a reçu une dose de vaccin


Après avoir été les oubliées de la première phase de la campagne vaccinale contre le Covid-19, les personnes en situation d’obésité sont-elles en train de se faire distancer dans le grand élan national en faveur de l’injection ? Selon les derniers chiffres diffusés par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), seulement 47,6 % d’entre elles avaient reçu leur première dose au 23 mai, plus que la moyenne nationale (39,1 % au 1er juin), mais loin derrière des personnes souffrant d’autres pathologies à haut risque, comme les patients souffrant d’insuffisance cardiaque (qui sont 67,5 % à avoir reçu une dose), de diabète (66,2 %) ou de maladies respiratoires chroniques (59 %). Ainsi, selon l’Assurance-maladie, le taux de vaccination des personnes atteintes d’obésité « reste faible au regard des risques ».

Dès le début de la pandémie, ces dernières ont été identifiées comme particulièrement fragiles à l’égard du Covid-19. Dans les services de réanimation en France, elles représentent près d’un patient sur deux et les études se sont multipliées sur le lien entre obésité et risque de développer une forme grave après infection. Mais la vaccination n’a été ouverte à tous les adultes présentant un indice de masse corporelle supérieur à 30 que tardivement, début mai.

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La situation préoccupe d’autant plus que les données de la CNAM ne sont qu’un reflet partiel de la situation générale des personnes en obésité : les chiffres, qui proviennent des bases de données de l’Assurance-maladie, ne concernent que celles prises en charge par un établissement de santé pour leur obésité – suivies en consultation ou hôpital de jour ou pour une opération de chirurgie bariatrique, par exemple. Cette évaluation porte ainsi sur 860 000 personnes, dont 450 000 non-vaccinées, quand l’obésité touche de 7 à 8 millions de Français. « Le fait d’avoir une personne sur deux qui n’est pas encore vaccinée parmi cette catégorie de personnes, c’est un signal préoccupant, note-t-on à la Caisse nationale d’assurance maladie, car ce qu’on a dans nos données est restrictif par rapport à la population plus globale des personnes atteintes d’obésité. »

Cette difficulté statistique s’explique notamment par l’absence de reconnaissance officielle par la France de l’obésité comme maladie (alors que l’Organisation mondiale de la santé la définit comme pathologie chronique depuis 1997). Difficilement pistée par l’Assurance-maladie, elle en devient, selon les associations de patients, invisible.

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