sur le plan sanitaire, les femmes moins touchées que les hommes


Dans tous les pays, le constat est identique. Alors que femmes et hommes sont autant infectés par le Covid-19, les seconds sont plus nombreux à en mourir, même si l’âge est le facteur de risque principal de développement d’une forme sévère. « Les hommes sont plus à risque d’hospitalisation pour Covid-19 et représentent 58 % des décès à l’hôpital. Ils sont aussi majoritaires en réanimation : ils représentent environ les deux tiers des personnes hospitalisées dans ces services », souligne l’épidémiologiste Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l’unité des infections respiratoires de Santé publique France (SPF).

sur le plan sanitaire, les femmes moins touchées que les hommes

« La létalité [la probabilité de décéder en cas d’infection] est deux fois supérieure chez l’homme au-delà de 25 ans, abonde Mircea Sofonea, épidémiologiste au laboratoire Mivegec (maladies infectieuses et vecteurs), à l’université de Montpellier. Mais il convient de garder en tête que la proportion de femmes augmente en remontant la pyramide des âges. » Ce qui réduit le décalage de mortalité entre les sexes au niveau de la population.

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Comment expliquer cette différence ? « Ces chiffres reflètent essentiellement la prévalence différente des facteurs de risque en fonction du sexe, explique Daniel Lévy-Bruhl. Les hommes ont une probabilité plus importante que les femmes d’avoir une comorbidité qui influence le risque de forme sévère. » Ils sont par exemple plus nombreux à être touchés par le diabète ou les maladies chroniques cardio-respiratoires. « Au sein de la population âgée de 65 ans ou plus, le risque de souffrir d’une comorbidité aggravante ou d’obésité est plus élevé chez les hommes que chez les femmes », confirme une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques sur « les inégalités sociales face à l’épidémie de Covid-19 », parue en juillet 2020.

Une meilleure protection immunitaire

Mais les différences concernant les comorbidités n’expliquent pas tout. « Il se pourrait qu’être de sexe masculin soit un facteur de risque à lui seul », précise Daniel Lévy-Bruhl. « On commence à comprendre certains mécanismes biologiques sous-jacents, même si beaucoup reste à faire, constate Jean-Charles Guéry, qui dirige l’équipe sur les différences sexuelles dans l’immunité à l’Institut toulousain des maladies infectieuses et inflammatoires. Il existe des différences liées au sexe dans l’immunité : les femmes sont plus susceptibles que les hommes de développer des maladies auto-immunes ou allergiques ; elles sont moins touchées que les hommes par les formes sévères de Covid-19. »

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