la crise sanitaire a retardé les parcours de PMA


Noémie et son fils, qu’elle a eu grâce à la PMA, dans les Hauts-de-France, le 3 juin 2021.

Printemps 2020. Du jour au lendemain, des dizaines de milliers de couples infertiles en parcours de procréation médicalement assistée (PMA) doivent remiser leur désir d’enfant en raison de la crise sanitaire. Considérées comme non prioritaires, les interventions médicales liées à la PMA (insémination artificielle, fécondation in vitro, accueil d’embryon…) sont stoppées net, pour une durée indéterminée. Les centres ferment. Seule exception : les opérations de préservation de la fertilité dans les situations d’urgence, comme les cancers, sont globalement maintenues.

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« Du jamais-vu » en France métropolitaine, selon la docteure Claire de Vienne, médecin référente en procréation médicalement assistée et don de gamètes à l’Agence de biomédecine (ABM), qui décrit, un an après, un « arrêt brutal » lors du premier confinement, suivi d’une reprise en dents de scie à partir de la fin mai.

L’incertitude qu’entraîne la pandémie est difficile pour les couples, habitués à compter les cycles, les jours. « Pour beaucoup, cela a été très violent d’entendre que ces activités n’étaient pas prioritaires, d’autant que la communication du gouvernement sur la PMA était inexistante, au moins dans un premier temps », se souvient Virginie Rio, cofondatrice du collectif BAMP !, une association de patients ayant recours à la PMA, de personnes infertiles et stériles.

L’activité en baisse de 25 % sur l’année 2020

Report des prises en charge, allongement des délais d’attente… Plus d’un an après le début de la crise sanitaire, le bilan global de son impact sur les activités de PMA n’est pas encore finalisé. Mais un indicateur donne la mesure du séisme : celui des ponctions d’ovocytes. En mars 2020, 4 021 ponctions ont été réalisées, contre 6 445 en mars 2019. En avril 2020, leur nombre est tombé à 15, puis 134 en mai 2020, selon les chiffres de l’Agence de biomédecine fournis au Monde. Une autre activité a été particulièrement affectée : celle du recueil des dons de gamètes, qui bénéficient aux couples ayant recours à un tiers donneur (environ 4 % des PMA en 2018). « On enregistre une chute de 60 % des dons de sperme et de 40 % des dons d’ovocytes en 2020 », indique l’ABM.

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Après la fermeture totale du printemps, les couples ont progressivement repris le chemin des centres, qui ont redémarré avec une activité réduite, selon des modalités fixées par les agences régionales de santé (ARS). « D’après les retours que l’on a, qui ne sont pas encore consolidés, il y a eu, selon les endroits, une baisse d’activité de 25 % à 30 % sur l’année, estime Nathalie Rives, présidente de la fédération française des Cecos, les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains. L’effet sur les couples est indéniable, avec un décalage de plusieurs mois de leur prise en charge. Mais c’est très variable selon les centres. » En juin 2020, le gouvernement avait annoncé la mise en place d’une dérogation pour les femmes ayant atteint dans l’année l’âge limite de prise en charge, fixé à 43 ans. Elles avaient jusqu’au 31 décembre 2020 pour réaliser une ultime tentative.

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