à Wuhan, dans les laboratoires et sur les marchés, des animaux inattendus


Un laborantin à Wuhan, en Chine, nourrit une chauve-souris, dans une vidéo diffusée sur Sky News.

L’Institut de virologie de Wuhan (WIV), capitale de la province du Hubei, maintient-il dans ses murs une animalerie pourvue de chauves-souris vivantes ? Les autorités chinoises ont été jusqu’à présent peu disertes sur le sujet.

La chaîne de télévision australienne Sky News a apporté, dimanche 13 juin, de nouveaux éléments de réponse en diffusant de brèves images montrant des chauves-souris captives dans les laboratoires de l’institution, ainsi qu’un chercheur occupé à nourrir l’une d’elles. Une étude publiée par la revue Scientific Reports a elle aussi apporté ces jours-ci, mais plus discrètement, des informations inédites sur les espèces animales présentes, non dans les laboratoires de virologie de Wuhan, mais sur les marchés de la ville, dont l’un fut (et est parfois encore) soupçonné d’être le point de départ de la pandémie.

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L’authenticité des images divulguées par Sky News ne peut guère être contestée par les autorités ou les chercheurs chinois : elles sont issues d’une vidéo promotionnelle d’une dizaine de minutes, produite par l’Académie des sciences chinoise, et présentant les activités du WIV. La vidéo a été dénichée sur un serveur officiel par les membres d’un groupe de chercheurs et d’anonymes – baptisé Drastic –, à l’origine de plusieurs révélations sur les travaux du WIV, et de la divulgation de mémoires universitaires inédits menés sous l’égide de l’institution.

Les autorités chinoises, pas plus que les cadres du WIV, n’ont jamais nié la présence de chauves-souris vivantes dans les locaux de leur institut. Sans, non plus, l’admettre formellement. La question est ainsi assez délicate pour n’apparaître nulle part dans le rapport de la mission conjointe entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Chine, rendu fin mars.

Mise à l’encan de plus de 45 000 animaux

Sky News met toutefois en cause les déclarations d’un scientifique britannique basé à New York, Peter Daszak, président de l’ONG EcoHealth Alliance et coauteur de nombreuses études avec les virologues de Wuhan. « Importante erreur dans ce papier, déclarait-il en décembre 2020 sur Twitter, en réponse à un article de presse. Aucune chauve-souris n’a été envoyée au laboratoire de Wuhan pour des analyses génétiques de virus collectés sur le terrain. Ce n’est pas comme ça que cette science fonctionne (…). »

Un chercheur familier des travaux de l’ONG relève de son côté un malentendu : la déclaration de M. Daszak faisait, dit-il, référence à des travaux auxquels il a été directement associé ou qu’il a dirigés, et non aux pratiques des chercheurs du WIV en général. En outre, ajoute-t-il, les espèces de chauves-souris présentées dans la vidéo ne sont pas des réservoirs de coronavirus de type SARS. Le document, daté de 2017, ne permet cependant pas d’affirmer ou d’infirmer la présence d’autres espèces de chauves-souris dans l’animalerie.

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