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Pauline Londeix, stratège en médicaments pour tous


Pauline Londeix à Rome, le 2 juillet 2021.

Pour nous rencontrer, Pauline Londeix propose une longue balade dans le parc de la Villa Borghèse, à Rome, où elle s’est récemment installée. Déambulant jusqu’au quartier de Testaccio, cette brunette au regard profond s’arrête devant une plaque commémorative signalant l’ancien terrain d’entraînement de l’AS Roma, un des clubs de football les plus populaires d’Italie. « Mon père m’a transmis le goût de l’Italie où il a longtemps vécu, en particulier celui de sa culture. Avec lui, je jouais au football et je discutais des tactiques de jeu », explique-t-elle avec passion. Son père, l’écrivain Georges Londeix (1932-2011), est l’auteur d’un roman intitulé Football, publié en 1972. C’est de lui que cette ardente militante pour l’accès aux médicaments pour tous a hérité son intérêt pour les stratégies.

En l’occurrence, celles par lesquelles l’industrie pharmaceutique met à profit le système des brevets, créé dans les années 1990 par l’Organisation mondiale du commerce. A 34 ans, cette ancienne d’Act Up est une des figures pionnières d’une nouvelle génération de militants déterminés à démonter le système des droits exclusifs par des méthodes mêlant usage stratégique de l’expertise et action savamment ciblée. C’est depuis la cuisine de son appartement de Testaccio qu’elle rédige les communiqués de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament (Otmeds), créé en 2019 avec Jérôme Martin, rencontré à Act Up, et qu’elle démasque sans répit les failles dans les discours, notamment dans ceux justifiant le maintien des brevets sur les vaccins contre le Covid-19, au détriment des pays du Sud.

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« Elle fait partie d’une nouvelle génération d’activistes qui se caractérisent par un très haut niveau de technicité et qui ont construit des réseaux de solidarité internationaux, formant une petite internationale très efficace. Ils sont très mobiles et très flexibles, à la fois dans le collectif et très indépendants. Derrière Otmeds, il y a toute une chaîne d’avocats et d’experts sur lesquels ils peuvent s’appuyer pour répondre à des questions aussi pointues que l’accès aux matières premières des médicaments », observe le producteur de cinéma Hugues Charbonneau, à qui l’on doit 120 Battements par minute, rencontré à Act Up. « Pauline est à la fois très douce, toujours dans la pédagogie, mais elle est pugnace. Elle sait exactement ce qu’elle veut et elle avance tout le temps », précise-t-il encore.

Souci d’équité, d’égalité

« C’est une militante constructive qui veut faire avancer les choses par souci d’équité, d’égalité », renchérit la Prix Nobel de médecine Françoise Barré-Sinoussi, qui l’a recommandée comme membre du comité d’éthique de l’Institut Pasteur. « Son ouverture d’esprit est remarquable, insiste l’immunologue. Elle est née de la lutte VIH/sida mais elle va au-delà, avec une vision de la santé mondiale pour tous, de l’accès aux médicaments pour tous et sur toute la planète. »

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