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l’hôpital entre dans « la zone de tous les dangers »


Des soignants s’occupent d’un patient, à l’hôpital AP-HP Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine), dans la nuit du 4 au 5 mai 2021.

Après un an et demi de crise épidémique, l’hôpital se retrouve de nouveau face à l’inconnu. Le niveau de vaccination suffira-t-il à amoindrir suffisamment la quatrième vague portée par le variant Delta qui arrive à ses portes, en plein été ? Une chose est sûre, la communauté médicale est en alerte. « Toutes les oreilles se sont redressées ces derniers jours », illustre François-René Pruvot, à la tête de la conférence des présidents de commission médicale d’établissement de CHU. Les « cellules de crise » ont été réactivées dans plusieurs établissements.

l’hôpital entre dans « la zone de tous les dangers »

La situation épidémiologique continue à se dégrader

Dans son point épidémiologique du 29 juillet, Santé publique France (SPF) sonne de nouveau l’alarme. « Le nombre de nouveaux cas était près de deux fois supérieur à celui de la semaine précédente, dans toutes les classes d’âge, avec un taux d’incidence dépassant 600 pour 100 000 habitants chez les 20-29 ans », constate l’agence. En France métropolitaine, le taux d’incidence a continué d’augmenter fortement dans toutes les régions, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 habitants en Nouvelle-Aquitaine (219), Occitanie (368), Provence-Alpes-Côte d’Azur (412) et Corse (501). « Les données de suivi des contacts confirmaient une forte hausse du nombre de cas ayant fréquenté des lieux de rassemblement, notamment les bars et les discothèques, où les mesures barrières sont plus difficiles à maintenir », souligne SPF, en rappelant que seuls la moitié des Français sont complètement vaccinés. Les décès liés au Covid-19 ont augmenté à nouveau (+ 22 %), après douze semaines de diminution.

« La situation est disparate sur le territoire, avec des situations encore calmes comme à Lille ou en Ile-de-France, précise le professeur lillois. D’autres hôpitaux commencent à s’inquiéter, on voit bien un frémissement. » « On ne peut pas encore parler de tensions majeures, mais on sent la reprise ici et là », confirme le docteur Thierry Godeau, son homologue dans les centres hospitaliers. La prochaine quinzaine sera néanmoins « la zone de tous les dangers », selon lui.

« L’été, ce sont les congés des soignants, avec cette année beaucoup de lits fermés aussi par manque de personnels, souligne-t-il. Nous sommes dans une situation de fragilité plus importante que lors des vagues précédentes, nous serons donc en difficulté plus vite avec moins de patients Covid. » Sans compter les arrêts pour maladie de personnels dus au Covid-19 (déjà une trentaine depuis le début du mois dans son centre hospitalier à La Rochelle).

« Une situation qui tourne déjà à la catastrophe »

Premier signal à virer au rouge depuis déjà plusieurs semaines : les appels au SAMU et les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 poursuivent leur envolée, + 93 % en une semaine selon le bulletin de Santé publique France (SPF) du 29 juillet, avec 3 933 passages aux urgences.

« Ce ne sont pas encore des chiffres énormes ou un afflux massif, car nous partons de relativement bas », fait observer François Braun, président du syndicat SAMU – Urgences de France. « Mais cela vient s’ajouter à une situation qui tourne déjà à la catastrophe », reprend l’urgentiste, qui ne compte plus les remontées de services ou de lignes de SMUR (Service mobile d’urgence et de réanimation) en tension partout en France, risquant de devoir fermer en partie, faute de médecins en nombre suffisant en août. Cette pénurie médicale qui sévit chaque été aux urgences, s’est accrue cette année : « On ne veut pas être alarmiste, mais on a des raisons de se faire du souci, dit M. Braun. On a de l’eau jusqu’au nez, il suffit d’une vaguelette pour boire la tasse. »

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