A l’hôpital de Bastia, « ça y est, on est vraiment frappé par le Covid »


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Publié aujourd’hui à 00h45

Rivé à son écran, le docteur André de Caffarelli surveille le tableau de bord des urgences du centre hospitalier de Bastia, en Haute-Corse. Au cours de la nuit, 43 personnes en ont franchi le seuil. En ce lundi 16 août, la gamme chromatique de l’ordinateur est dominée par de grossières bandelettes bleues, signe que de nombreux patients sont encore dans l’attente. Un autre écran indique que deux personnes positives au Covid-19 viennent d’être admises dans le sas d’accueil, où le diagnostic initial est établi.

« Aux urgences, la crise c’est tous les jours, mais l’été, faire la balance entre le flux estival et le Covid, c’est le bordel. On passe notre temps à jongler ! », soupire le chef de pôle des urgences, alors que quatre brancards sur lesquels sont installés les patients de la nuit sont garés côte à côte dans la grande salle mitoyenne des urgences classiques. « Le service des urgences date de la création de l’hôpital, il y a quarante ans. Il est taillé pour accueillir 25 000 passages par an et nous en sommes à 35 000 », poursuit le docteur de Cafarelli.

L’établissement est particulièrement sous tension depuis la flambée, début juillet, du variant Delta dans l’île, avec la multiplication de clusters en Balagne, à 60 km de Bastia. Sur l’ensemble de l’île, le profil des patients atteints du Covid-19 a rajeuni : désormais, l’âge moyen est de 55 ans et demi en réanimation et en soins intensifs et de 63,9 ans en hospitalisation conventionnelle, selon le bulletin de l’agence régionale de santé (ARS) du 16 août.

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Avec un taux d’incidence de 625 pour 100 000 habitants le 13 août, soit quasiment plus du double de la moyenne nationale, la Corse est aux premières loges de la quatrième vague. Une tension supplémentaire, alors que la population de l’île (340 000 habitants) double traditionnellement à la mi-août, au pic de la saison touristique. Les personnes infectées sont toutefois très majoritairement des résidents corses (80 %), selon l’ARS.

« Il y a le ras-le-bol car cela ne finit plus »

« La quatrième vague a été soudaine et semble partie pour durer », pronostique le docteur Nicolas Mondielli, 32 ans, en charge de l’unité Covid-19 qui accueille alors 33 malades. Pour faire face à l’afflux de patients, une aile supplémentaire a été ouverte la semaine dernière. « C’est une pression constante : il y a cinq nouvelles entrées par jour. Nous n’avons jamais atteint ce chiffre et, pour ma part, je n’ai jamais annoncé autant de décès. La semaine dernière, c’était un par jour », souligne le praticien. « C’est psychologiquement très difficile pour les proches du défunt car ils ne peuvent l’accompagner jusqu’au bout », témoigne Cindy, aide-soignante depuis onze ans, qui reconnaît avoir versé des larmes dans une chambre avec un patient communiquant au téléphone avec sa fille.

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