Contre le Covid-19, la course aux traitements s’accélère


Travail de recherche dans le laboratoire de Xenothera, start-up basée à Nantes, en juillet 2020.

« On pensait que l’été serait plus tranquille. » Face à la nouvelle flambée épidémique, Odile Duvaux a vite déchanté. Ces dernières semaines, la patronne de Xenothera a enchaîné les appels téléphoniques. De l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), du gouvernement français, de l’Union européenne, et d’une ribambelle de pays étrangers. « On est sollicités de partout », note-t-elle. Au bout du fil, une même question : « Où en êtes-vous ? » Une fierté pour la biotech nantaise, qui vient de débuter la production de son traitement contre le Covid-19, un anticorps polyclonal baptisé XAV-19. « Notre produit est maintenant en essai de phase 3. Si tout se passe bien, il pourrait être autorisé, et utilisé, dès cet automne », explique Odile Duvaux.

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Une belle opportunité pour la jeune entreprise. Car si la course au vaccin – principale arme de lutte contre le Covid-19 – a déjà ses champions, celle des traitements cherche encore ses vainqueurs. Les candidats en quête d’un remède miracle ne manquent pourtant pas. Chercheurs, biotechs et grands laboratoires pharmaceutiques se sont tous mobilisés. Depuis le début de la crise sanitaire, plus de 3 300 essais cliniques portant sur la recherche de traitements – dont près de 1 600 sont toujours en cours –, ont ainsi été recensés à travers le monde. Mais l’arsenal thérapeutique contre le Covid-19 reste encore bien maigre.

« On sait aujourd’hui mieux réparer les dégâts causés par le virus, par exemple en utilisant la dexaméthasone, un anti-inflammatoire, mais il n’existe pas encore sur le marché de traitement qui s’attaque directement au virus. La recherche a beaucoup progressé cependant, et on a bon espoir de voir arriver plusieurs médicaments au cours des six prochains mois. », observe Bruno Canard, directeur de recherche au CNRS à l’université Aix-Marseille. L’Union européenne s’est d’ailleurs fixé comme objectif l’autorisation d’au moins trois nouveaux traitements d’ici la fin de l’année.

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Anticiper les prochaines crises

L’enjeu n’est pas anodin. Car si les vaccins ont, jusqu’à présent, constitué un bouclier efficace, rien n’exclut que de nouveaux variants, plus dangereux, n’échappent à leur filet protecteur à l’avenir. Il s’agit également de protéger les patients immunodéprimés, atteints de cancers ou encore transplantés, pour lesquels la vaccination est moins efficace, et qui sont plus à risque de développer une forme grave de la maladie. « Les traitements sont un outil complémentaire, qui servira également à anticiper les prochaines crises. C’est déjà le troisième coronavirus apparu en l’espace de vingt ans. Nous ne sommes pas à l’abri qu’un autre émerge dans les prochaines années », souligne Jean Dubuisson, chercheur au CNRS à l’Institut Pasteur de Lille.

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