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en Islande, la hausse du nombre de cas ne prouve pas l’échec de la vaccination


Dans une vidéo diffusée mardi 17 août sur le compte Youtube de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille et vue plus de 900 000 fois, le professeur Didier Raoult explique que d’après ses observations, la reprise épidémique est « complètement déconnectée de l’importance de la vaccination. L’Islande a plus de cas maintenant que jamais alors que l’Islande est le pays qui a été le plus vacciné de tous les pays développés, plus de 90 % de la population aurait été vaccinée ».

Sans nier l’utilité de la vaccination pour les personnes à risque ou surexposées au Covid, le PRaoult considère qu’« au niveau de la population générale, on ne peut pas dire qu’il y ait un succès corrélé avec l’importance de la distribution du vaccin ». Il ajoute que « globalement, la protection vaccinale contre les variants est modeste en termes d’épidémiologie ».

Cette prise de position a provoqué le 18 août une mise au point du président de la commission médicale de l’AP-HM qui, dans une lettre adressée à ses collègues, dénonce « des propos stupéfiants de décalage avec les réalités que nous vivons ».

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En revanche, ces considérations critiquant l’intérêt du vaccin ont été largement reprises sur les réseaux sociaux, notamment par Florian Philippot, chef de file des Patriotes, qui se positionne contre la politique sanitaire du gouvernement.

Pourquoi c’est une mauvaise interprétation

L’Islande présente bien l’un des taux de vaccination parmi les plus élevés au monde, derrière Malte (92 % de la population complètement vaccinée). Avec 74,82 % de la population islandaise complètement vaccinée (80,64 % a reçu au moins une dose), le taux de vaccination est tout de même nettement inférieur au chiffre de 90 % avancé par Didier Raoult.

Il est vrai également que le pays connaît actuellement un pic épidémique jamais atteint auparavant, avec jusqu’à 170 nouveaux cas par jour. Lors des précédents pics, le nombre de nouveaux cas a rarement dépassé 100 à l’automne 2020. On observe d’ailleurs que la courbe amorce une décrue depuis une quinzaine de jours. Face à cette recrudescence épidémique, les autorités islandaises ont réinstauré des mesures de restriction depuis le 25 juillet.

On ne peut pas en conclure que le vaccin est inefficace, puisqu’il joue son rôle principal : protéger contre les formes graves du Covid-19

En revanche, on ne peut pas en conclure que le vaccin est inefficace, puisqu’il joue son rôle principal : protéger contre les formes graves de la maladie. Les chiffres restent faibles : le dernier bilan épidémiologique des autorités islandaises du 19 août fait état de 26 personnes hospitalisées dont 7 en soins intensifs. Aucun décès du Covid-19 n’a eu lieu lors de ce dernier pic épidémique cet été ; sur les 30 décès liés à la maladie depuis début de l’épidémie en Islande, 10 datent du premier pic au printemps 2020, 19 au cours de la reprise épidémique à l’automne-hiver 2020, tandis que le dernier mort du Covid en Islande remonte au 26 mai.

Toujours selon le bilan épidémiologique islandais, plus de la moitié des personnes nouvellement infectées sont complètement vaccinées. Catherine Hill, épidémiologiste à l’institut Gustave-Roussy de Villejuif interrogée par l’AFP, juge « compliqué » de tirer des conclusions sur l’inefficacité présumée de la vaccination uniquement à partir du nombre de nouveaux cas de contamination.

« Le vaccin protège mais il y a beaucoup de gens vaccinés donc forcément, il y a des gens vaccinés qui attrapent le Covid. »

L’exemple islandais montre que la vaccination n’empêche pas complètement la circulation du virus, et en particulier avec le variant Delta. Selon une étude américaine récente sur l’efficacité des vaccins à ARN messager contre le variant Delta, le vaccin Pfizer ne réduit que de 42 % la contamination, et le Moderna de 76 %. En revanche, les protections contre les formes graves restent importantes : le vaccin Pfizer offrant une protection de 75 % contre l’hospitalisation et 81 % pour le Moderna.





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