Le Royaume-Uni tarde à recommander la vaccination des 12-15 ans


Dans un centre de vaccination au Pfizer-BioNTech à la Tate Modern de Londres, le 16 juillet 2021.

A quelques jours de la rentrée scolaire, la pression monte sur le Joint Committee on Vaccination and Immunisation (JCVI), le comité vaccinal britannique, pour qu’il recommande la vaccination contre le Covid-19 des 12-15 ans au Royaume-Uni. Cette instance indépendante et très respectée hésite toujours à donner son feu vert, suscitant l’étonnement d’un nombre croissant d’experts et l’impatience du gouvernement de Boris Johnson. Le Royaume-Uni a désormais plusieurs semaines de retard sur la plupart des autres pays occidentaux, dont certains, comme les Etats-Unis, ont lancé les campagnes vaccinales pour les adolescents dès le printemps (contre la mi-juin en France).

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Invité sur la chaîne Sky News fin août, le professeur de pédiatrie Adam Finn, membre du JCVI, explique que le comité a choisi une « approche très prudente » concernant la vaccination des enfants, mais qu’il passe « constamment en revue les dernières études et preuves ». Le comité a certes ouvert la voie à la vaccination des moins de 16 ans dès décembre 2020, mais dans des cas très particuliers – celui notamment des adolescents souffrant de « handicaps neurologiques sévères ». Publié le 19 juillet, un nouvel avis limitait sa recommandation aux plus de 12 ans « à risques de complications » liées au virus ou « en contact » avec des personnes immunodéficientes.

Le 4 août, nouvelle recommandation du comité : les 16-17 ans sont éligibles mais pour l’instant, à « une première dose » de vaccin Pfizer-BioNtech (le seul autorisé, le vaccin Astra-Zeneca étant réservé aux plus de 40 ans). Toute décision sur un déploiement plus massif sera prise « sans précipitation », commentait M. Finn le 23 août. Pour justifier son extrême prudence, le JCVI insiste sur les « rares » effets secondaires (des inflammations du myocarde et du péricarde) observés surtout après une deuxième injection de vaccin à ARN messager chez de jeunes patients. Il souligne par ailleurs que les enfants et les adolescents ont très peu de risques de tomber gravement malades du coronavirus. Quant aux bénéfices d’une vaccination des enfants pour protéger les adultes d’une hospitalisation consécutive à une contamination, il est jugé « très incertain » à ce stade.

« On perd un temps précieux »

Même frilosité, jusqu’à présent, concernant les troisièmes doses de vaccin pour les adultes. Le comité n’avait toujours pas validé, jeudi 26 août, l’administration systématique des « boosters » aux plus âgés, certains de ses membres estimant qu’elle devait être réservée aux plus fragiles. Ces prises de position contrastent avec l’étonnante audace dont le comité avait fait preuve, fin 2020, en étant l’un des tout premiers au monde à recommander la vaccination avec le vaccin Pfizer-BioNtech, puis avec l’Oxford-AstraZeneca. En début d’année, il avait suscité l’incrédulité de nombreux experts européens en conseillant un espacement de douze semaines entre l’inoculation de la première et de la deuxième doses de vaccin. Le pari – doter le plus grand nombre possible de Britanniques d’une immunité minimale dans un contexte de deuxième vague pandémique et de pénurie vaccinale – s’est finalement révélé payant.

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