le variant Delta provoquerait bien une maladie plus sévère


Les études en faveur d’une dangerosité accrue du variant Delta se multiplient. La dernière en date est publiée le 27 août dans la revue The Lancet Infectious Diseases. Selon ce travail britannique, le taux d’hospitalisation des personnes infectées par le variant Delta serait doublé, par rapport à une infection par le variant Alpha. Il faut souligner que 98 % des patients testés positifs, dans cette étude, n’étaient pas vaccinés.

Le variant Delta, rappelons-le, est une forme mutée du Sars-CoV-2, détectée pour la première fois en Inde en octobre 2020. Il est bien plus contagieux que son prédécesseur, le variant Alpha, apparu au Royaume-Uni en septembre 2020 (par rapport à lui, il se transmet avec une vitesse accrue de 50 %). Ce dernier était déjà bien plus contagieux que les souches historiques du Sars-CoV-2, apparues en Chine.

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Aussi contagieux que la varicelle, le variant Delta est devenu la forme dominante du virus responsable de la pandémie de Covid-19 dans le monde. Au moins 104 pays y sont confrontés, selon l’OMS. En France, ce variant représentait 98,1 % du Sars-CoV-2 circulant au 3 août, relevait Santé publique France dans son bulletin du 26 août. « C’est un variant qui infecte plus vite que son ombre », observe Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles – Saint Quentin-en-Yvelines.

Un panel de plus de 40 000 personnes

Si la contagiosité accrue du variant Delta ne fait aucun doute, son degré de virulence – sa nocivité – fait toujours débat. Pour répondre à cette question, des équipes de l’université de Cambridge ont analysé les données de 43 338 personnes testées positives au Covid-19, au Royaume-Uni, entre le 29 mars et le 23 mai 2021. Statut vaccinal, âge et autres facteurs démographiques et admissions à l’hôpital ont été passés au crible de leur analyse. Il y avait 51,1 % de femmes et 48,9 % d’hommes ; 30 % avaient moins de 20 ans ; 54,6 % avaient entre 20 et 50 ans et 6,2 % seulement plus de 60 ans.

Les auteurs ont recensé 34 656 cas de variant Alpha (80 % des patients), majoritaire au Royaume-Uni au début de l’étude, et 8 682 cas de variant Delta (20 % des patients). Mais la proportion de ce dernier n’a cessé de croître durant la période de suivi, atteignant 65 % la dernière semaine.

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Le taux d’hospitalisation donne une bonne idée de la virulence du coronavirus : c’est la gravité de la maladie qui conditionne l’admission à l’hôpital. Au total, 2,2 % des personnes infectées par le variant Alpha ont dû être hospitalisées (764 personnes, sur un total de 34 656) au cours des deux semaines qui ont suivi leur test positif, contre 2,3 % des personnes infectées par le variant Delta (196 personnes, sur un total de 8 682). Mais les deux groupes n’étaient pas strictement comparables (ceux infectés par le variant Delta étaient plus jeunes, habitaient dans des quartiers plus défavorisés et appartenaient plus souvent à une ethnie indienne). Pour les comparer, les auteurs ont dû faire une analyse statistique sophistiquée (dite « régression de Cox stratifiée ») « nécessaire et bien menée », salue Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l’université de Montpellier. Résultat : le variant Delta multiplie par 2,26 le risque d’hospitalisation, par rapport à son cousin Alpha.

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