Marine Le Pen demande à Emmanuel Macron un moratoire sur le démantèlement de la centrale


Marine Le Pen, le 12 Novembre 2021 à Paris, lors du salon du « made in France ».

L’énergie nucléaire n’a pas fini d’être au centre des débats de la campagne présidentielle. Marine Le Pen a demandé, lundi 15 novembre, qu’Emmanuel Macron déclare un moratoire sur le démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Souhaitant rouvrir la centrale en cas de victoire, la candidate du Rassemblement national (RN) a déclaré sur Franceinfo : « Je demande solennellement ce [lundi] matin au président de la République un moratoire sur le démantèlement de Fessenheim, parce qu’en mars 2022 le démantèlement arrivera à un point de non-retour. »

Fervente partisane de l’énergie nucléaire, la candidate d’extrême droite souhaite notamment, si elle est élue, construire six nouveaux EPR et lancer un vaste chantier d’inspection et de modernisation des centrales en fonctionnement. Elle justifie sa demande à Emmanuel Macron par l’arrivée d’une nouvelle élection présidentielle et « l’hypothèse de [la] défaite [de celui-ci], dont il doit tenir compte ». Selon la députée du Pas-de-Calais, un moratoire laisserait à l’éventuel successeur d’Emmanuel Macron « la liberté de faire marche arrière et de pouvoir rouvrir Fessenheim ».

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Centralité de la question nucléaire dans le débat politique

Sa déclaration intervient un an après l’arrêt des réacteurs de la centrale, en juin 2020. Les techniciens d’EDF préparent actuellement le démantèlement du site, qui doit débuter en 2025, conformément à la décision prise par l’ancien président de la République, François Hollande, et confirmée par Emmanuel Macron. Mise en service en 1977, la centrale située dans le Haut-Rhin est la première à être mise à l’arrêt dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui vise à réduire la part de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique français.

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Selon Mme Le Pen, « la conversion d’Emmanuel Macron est récente » et « il a commis une erreur absolument majeure en fermant Fessenheim ». Misant sur la ligne souverainiste qu’elle défend, la candidate argumente : « Le nucléaire est une énergie sûre, abondante, bon marché, propre, que nous maîtrisons et qui est l’énergie la plus décarbonée qui soit, c’est une chance incroyable que nous a léguée le général de Gaulle, il faut donc évidemment se servir de cet avantage, ne pas l’abandonner, ne pas l’affaiblir ; au contraire, le développer. »

Lors de ces dernières semaines, le dossier nucléaire est de retour sur la table politique, sur fond de débat relatif à la transition écologique. Mardi 9 novembre, lors de son allocution présidentielle, Emmanuel Macron a confirmé qu’il entendait « relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays et continuer de développer les énergies renouvelables ». Quelques semaines plus tôt, il avait déjà annoncé un milliard d’euros d’investissements dans l’énergie nucléaire d’ici à 2030, notamment pour des petits réacteurs dits SMR (small modular reactors).

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Le Monde avec AFP



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