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La loi ne parvient pas à juguler l’explosion des déchets de la restauration rapide


Une enseigne proposant des sushis à emporter, à Saint-Louis, aux Etats-Unis, le 10 novembre 2021. (Photo d’illustration.)

Dans les quartiers de bureaux, la pause déjeuner s’agrémente désormais souvent d’un sac en papier rapporté au pas de course sur le lieu de travail. Un sac rempli de barquettes en plastique, en aluminium, en carton, de canettes, de petites bouteilles, de couverts, de serviettes… qui finiront irrémédiablement à la poubelle sitôt le repas englouti. C’est l’une des conséquences de l’épidémie de Covid-19 qui a survécu aux confinements : le boom de la restauration à emporter et de son corollaire, l’explosion des déchets d’emballages. Une tendance que la loi antigaspillage tente de juguler. Mais sans succès jusqu’à présent, selon une enquête de l’association No plastic in my sea, publiée mercredi 17 novembre.

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Le nombre de points de vente à emporter de la restauration rapide a augmenté de 11 % par rapport à 2019 (année étalon pré-Covid) pour s’établir à 48 800 en France, selon l’étude annuelle publiée en octobre par CHD Expert, cabinet d’analyse de référence dans le secteur de la restauration. A contrario, la restauration à table (restaurants, brasseries, cafés) chute de 19 %, avec 93 100 unités. Et 60 % des restaurateurs proposent désormais la vente à emporter contre 44 % avant la crise sanitaire.

Or, selon les estimations de l’Agence de la transition écologique (Ademe), la restauration à emporter génère chaque année en France plus de 220 000 tonnes d’emballages, dont une majorité de plastique à usage unique. A l’échelle de la planète, les déchets liés à la restauration à emporter sont la première source de pollution plastique des milieux aquatiques. Sacs, bouteilles, récipients, couverts, bouchons, couvercles, gobelets… Selon une méta-analyse internationale publiée en juin dans la revue scientifique Nature Sustainability, ils représentent 50 % à 88 % des déchets marins. Déjà en 2018, une étude de la Commission européenne montrait que les déchets les plus retrouvés sur les plages européennes étaient issus de la restauration à emporter.

Une loi peu appliquée

Promulguée en février 2020, juste avant le début de la pandémie, la loi antigaspillage pour une économie circulaire vise à limiter la production de déchets et en particulier à « sortir du plastique jetable ». Elle prévoit ainsi la fin de la mise sur le marché des emballages en plastique à usage unique d’ici à 2040. Les pailles en plastique et les boîtes en polystyrène expansé (utilisés notamment pour les kebabs) sont ainsi interdites depuis le 1er janvier. Plusieurs articles concernent la restauration à emporter et doivent inciter le consommateur à éviter les emballages à usage unique, pour privilégier les contenants réutilisables. Depuis juillet, les restaurateurs sont ainsi dans l’obligation de servir les clients qui viennent avec leurs propres contenants pour la nourriture. Une obligation qui vaut depuis janvier pour les boissons et s’accompagne d’un tarif réduit et même de la gratuité pour l’eau.

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