La pandémie de Covid-19 a réduit de 18 % notre consommation d’antibiotiques


Une pharmacie de Pointe-à-Pitre, en juillet 2021.

C’est une des rares retombées positives de la pandémie de Covid-19. En 2020 en France, la consommation d’antibiotiques à usage humain a chuté de 17 %, en nombre de doses journalières, et de 18 %, en nombre de prescriptions. Une baisse révélée mardi 16 novembre par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), à l’occasion de la Journée européenne d’information sur les antibiotiques, jeudi.

Un progrès attribué à deux évolutions. D’une part, les infections courantes (respiratoires et digestives, en particulier), habituellement grandes pourvoyeuses de prescriptions d’antibiotiques, ont été moins fréquentes l’an passé. Leur transmission a été ralentie par les gestes barrière et les autres mesures mises en place pour limiter la transmission du SARS-CoV-2. D’autre part, le nombre de consultations médicales a lui-même diminué, en raison du moindre recours aux soins lié à la pandémie, d’où une baisse du nombre de prescriptions.

Lire aussi (2014) : Antibiotiques : trop de consommation, pas assez de nouvelles molécules

« Les antibiotiques, c’est pas automatique » : avec ce slogan de l’Assurance-maladie, les Français avaient été sensibilisés, en 2001-2002, au problème de la surconsommation et du mésusage de ces médicaments. Avec très un net impact, puisque entre 2000 et 2003, le recours à ces traitements a baissé de 19 %. Mais ensuite, il n’a fait qu’augmenter jusqu’en 2013, malgré une nouvelle campagne en 2010 : « Utilisés à tort, ils seront moins forts. » Entre 2013 et 2019, l’évolution a été plus favorable, avec une baisse d’environ 15 %.

« Formidable invention victime de son succès »

Restreindre notre recours aux antibiotiques : c’est un enjeu majeur, pour la médecine humaine comme pour la médecine vétérinaire. Car si la découverte des antibiotiques a été un immense progrès médical, « cette formidable invention est aujourd’hui victime de son succès », note Santé publique France (SPF). Le mésusage de ces médicaments, trop et mal prescrits (antibiotique mal choisi, durée de traitement inadaptée), a contribué au développement et à la dissémination de bactéries qui ont développé des mécanismes de défense. Résultat, les antibiotiques qui les combattent deviennent moins efficaces, voire inefficaces. Cette résistance devient progressivement un problème majeur de santé publique dans le monde entier. « La France est dans le top 5 des pays européens les plus consommateurs d’antibiotiques », précise la professeure Céline Pulcini, responsable de la mission Prévention des infections et de l’antibiorésistance au ministère de la santé. On peut jouer sur deux leviers pour réduire ce problème : contrôler la transmission des infections, et favoriser le bon usage des antibiotiques.

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