Paris franchit le seuil d’« alerte maximale »


Jean Castex n’est pas le seul Parisien testé positif au Covid-19 et placé à l’isolement, loin de là. Dans la capitale, le nombre de personnes touchées par la pandémie est en train de remonter de façon particulièrement forte. Au point que le seuil d’« alerte maximale », fixé par les pouvoirs publics au ratio de 250 cas pour 100 000 habitants, est désormais atteint.

A Paris, l’incidence de la maladie s’établit à présent à 258,5 cas pour 100 000 habitants, selon les données publiées mardi 23 novembre par Santé publique France. C’est l’équivalent du taux d’incidence enregistré au sommet de la vague précédente, en juillet. Selon ce critère, Paris est le département le plus touché d’Ile-de-France, et le huitième de l’Hexagone, derrière l’Ardèche, la Haute-Corse, les Bouches-du-Rhône, le Haut-Rhin, les Landes, les Hautes-Pyrénées et le Lot-et-Garonne.

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Dans la capitale, l’épidémie a pris en quelques jours une ampleur spectaculaire. Le nombre de cas positifs recensés était encore de 78 pour 100 000 habitants autour du 1er novembre. Vingt jours ont suffi pour plus qu’il soit multiplié par plus de trois.

Une « progression fulgurante »

Le taux d’incidence est le plus élevé – plus de 300 pour 100 000 habitants – chez les adultes de 20 à 40 ans. Mais il s’accroît aussi de façon très forte chez les enfants et les adolescents. « Dans les écoles, la progression du Covid est fulgurante », s’alarme Ghislaine Morvan-Dubois, de la fédération de parents d’élèves FCPE. Dès qu’il y a un cas positif, la classe doit fermer. Lundi, on comptait ainsi 339 classes fermées à Paris, contre 134 le jeudi précédent, indique la Mairie. En primaire, la probabilité qu’au moins un élève soit positif dans une classe parisienne de 30 enfants est en moyenne de 36 %, selon les calculs de Germain Forestier, professeur des universités. « Du jour au lendemain, les parents se retrouvent obligés de trouver une solution, et sont souvent désespérés », constate Ghislaine Morvan-Dubois.

Dans son dernier point épidémiologique, publié le 18 novembre, l’agence régionale de santé d’Ile-de-France établit en quelques lignes la liste des facteurs qui peuvent expliquer cette puissance de la cinquième vague. Elle cite des contacts sociaux multiples, « une diminution de l’application des gestes barrières », dont la vidéo de Jean Castex et Gérald Darmanin sans masque échangeant des poignées de main lors du congrès de l’Association des maires de France a fourni un témoignage frappant, « une couverture vaccinale encore incomplète notamment chez les enfants et chez les plus âgés », et « une possible attrition de l’immunité au cours du temps ». Sans oublier la baisse des températures, favorable à la circulation des virus.

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