A la Guadeloupe et à la Martinique, la réticence au vaccin se mêle à la défiance de la parole de l’Etat


Des soignants, suspendus pour avoir refusé de se faire vacciner, protestent devant l’entrée du CHU, à Pointe-à-Pitre, le 23 novembre 2021.

Dans l’enceinte du centre hospitalier de Pointe-à-Pitre, les fervents opposants et les silencieux partisans de la vaccination contre le Covid-19 se côtoient tous les jours. Engagés dans une grève illimitée contre leur suspension pour avoir refusé de se conformer aux exigences du passe sanitaire, plusieurs dizaines de membres du personnel du seul centre hospitalier universitaire (CHU) de Guadeloupe occupent l’entrée du site. A l’intérieur, les professionnels de santé vaccinés ou guéris du virus, qui représentent 85 % des effectifs, selon l’agence régionale de santé (ARS), restent auprès des patients.

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Leur face-à-face est un modèle en miniature du conflit social en cours dans le département, notamment lancé par une partie des 1 400 soignants suspendus dans l’île, et des pompiers, eux aussi concernés par l’obligation vaccinale. Après cinq jours émaillés d’exactions et d’affrontements entre jeunes guadeloupéens et forces de l’ordre sur des barrages érigés sur les routes, un calme relatif s’était installé, mardi 23 novembre, sur les nuits guadeloupéennes. La préfecture a comptabilisé deux interpellations en vingt-quatre heures, contre soixante-huit pour le seul week-end précédent.

Une délégation reçue en préfecture

Les barrages, tenus la journée par les soutiens du collectif d’organisations contre l’obligation vaccinale et le passe sanitaire, sont, eux, restés en place. Face au refus du gouvernement d’envisager une dérogation à la contrainte du vaccin pour le département antillais, les opposants n’ont pas changé de stratégie. Les blocages continueront malgré l’accueil, pour la première fois depuis le début du mouvement en juillet, d’une délégation de l’intersyndicale à la préfecture.

« On nous a salués comme des héros pendant un an et demi malgré le risque de contamination entre nous et nos clients. Aujourd’hui, on nous dit qu’on est des parias alors qu’on défend notre liberté de choix », déplore Véronique Courtois, membre de l’Union des travailleurs de la santé, section syndicale de l’Union générale des travailleurs guadeloupéens (UTS-UGTG) et employée suspendue du CHU.

Lire le reportage : Article réservé à nos abonnés Après sept jours de grève en Guadeloupe, la colère contre le passe sanitaire ne retombe pas

L’acceptabilité sociale de la campagne vaccinale, ambitionnée par l’exécutif à Paris, peine à se développer à la Guadeloupe, dont moins de la moitié de la population majeure a reçu au moins une injection, mais aussi à la Martinique. Environ 35 % des habitants majeurs peuvent y présenter un schéma complet, et une grève générale, un temps accompagnée de barrages, et d’affrontements avec les autorités a aussi débuté, lundi 22 novembre.

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