« Le passe sanitaire doit servir à accélérer les doses de rappel »


Tribune. La perte de contrôle sur l’épidémie en Autriche a amené un nouveau confinement et l’obligation vaccinale. Voulons-nous cela en France ? Certainement pas. Et pourtant, au rythme actuel, nous serons dans une situation similaire dans quelques jours. Comment éviter les retours en arrière qui s’annoncent déjà partout en Europe, des fermetures, des couvre-feux, voire des reconfinements ? La solution, nous l’avons pourtant sous les yeux : les doses de rappel et le passe sanitaire.

D’après une étude israélienne menée à grande échelle, les doses de rappel protègent très efficacement contre les formes graves de Covid-19 chez l’ensemble de la population adulte, et diminuent considérablement le taux de transmission. Les chiffres parlent d’eux-mêmes , surtout pour les 40 ans et plus : comparé à un schéma vaccinal complet de plus de cinq mois, la protection est de l’ordre de 92 % pour les hospitalisations et les admissions en réanimation, et de 81 % pour les décès.

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Et pourtant, aujourd’hui, 24 % de personnes entre 40 et 49 ans, 40 % des personnes entre 50 et 59, et 56 % des personnes entre 60 et 64 ont reçu leur schéma vaccinal complet depuis plus de cinq mois, sans pour autant avoir le droit à la dose de rappel. Soit 8 millions de Français qui seraient protégés bien plus efficacement en recevant ces fameuses doses de rappel. Les autoriser à le faire est urgent : 9 formes graves sur 10 et 4 décès sur 5 pourraient être évités dans les semaines à venir au sein de cette population.

Campagne de rappel massive

La priorisation sur un critère de risque était justifiable lorsqu’il y avait pénurie de doses, à l’entrée dans la campagne. Aujourd’hui, procéder par paliers en fonction des classes d’âge est strictement inacceptable. Il faut tout simplement accélérer, d’où la nécessité d’autoriser et d’organiser une campagne de rappel massive pour les plus de 40 ans, comme préconisé désormais par la Haute Autorité de santé.

Cette campagne pourrait s’appuyer sur le nudge, une très idée simple qui consiste à proposer un rendez-vous à toutes les personnes éligibles, au lieu d’attendre qu’ils s’inscrivent eux-mêmes. Cette méthode s’est révélée particulièrement efficace en Espagne, où plus de 99 % de la population de 60 ans et plus est vaccinée. Elle vient d’être adoptée également en Autriche dans le but d’accélérer les doses de rappel.

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Mais si vacciner est primordial, il faut encore que les personnes y adhèrent. D’où l’importance du passe sanitaire, un outil efficace pour encourager la vaccination et qu’approuve la majorité des Français. Les doutes qui persistaient quant à son efficacité ont été balayés pendant la quatrième vague. Car malgré sa mauvaise réputation initiale, ce sésame est rapidement devenu une mesure-phare de la lutte contre l’épidémie, notamment en raison du rôle majeur qu’il a joué dans la campagne de vaccination. Avant l’annonce de sa généralisation, le 12 juillet, le taux de vaccination commençait à stagner : avec 53,8 % des personnes vaccinées, la France était 4,9 points de pourcentage derrière l’Allemagne, 13,6 derrière le Royaume-Uni et 0,8 derrière la moyenne de l’Union européenne.

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