les syndicats défavorables à un passe sanitaire pour les fonctionnaires


Tandis que le premier ministre, Jean Castex, recevait les élus locaux et les représentants des groupes parlementaires, la ministre de la transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, s’est entretenue, mardi 21 décembre, avec les partenaires sociaux de la fonction publique. Il s’agissait d’évoquer le prochain projet de loi destiné à lutter contre la reprise de l’épidémie de Covid-19. Au cœur des discussions : l’obligation de présenter un passe sanitaire pour se rendre sur son lieu de travail. L’idée ne devrait pas figurer dans le texte du gouvernement, mais pourrait apparaître au cours du débat parlementaire via un amendement de la majorité.

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Les syndicats des fonctionnaires ont exprimé aussi peu d’enthousiasme que leurs homologues du privé face à Elisabeth Borne. « Nous y sommes opposés », explique Céline Verzeletti, cosecrétaire générale de l’Union fédérale des syndicats de l’Etat CGT, en évoquant « le secret médical », les difficultés de mise en œuvre ou la délicate question des sanctions. « Ce n’est pas une très bonne idée, abonde Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques. Ce serait très difficile à mettre en place. »

L’UNSA Fonction publique est plus souple sur le principe. « Nous ne sommes pas défavorables au fait que tout le monde soit obligé de présenter un passe, qu’il soit sanitaire ou vaccinal, explique le secrétaire général, Luc Farré. Mais il ne faut pas que ce soient les services eux-mêmes, comme le directeur dans une école, par exemple, qui soient tenus de procéder à la vérification. Car on va au-devant de conflits. » Pour l’UNSA, c’est à l’Assurance-maladie, qui dispose de toutes les informations nécessaires, d’assurer cette surveillance.

« Jouer le jeu » du télétravail

« Mieux vaut privilégier des mesures éprouvées », conseille Mme Jacquot, pour la CFDT. De fait, cite-t-elle, l’accord sur le télétravail dans la fonction publique, signé le 13 juillet 2021 par l’ensemble des organisations représentatives, pourrait déjà être mieux appliqué. La ministre en a d’ailleurs convenu lors de la concertation en visioconférence de mardi. « Aujourd’hui, on peut aller jusqu’à trois jours par semaine sur la base du volontariat, précise-t-on dans l’entourage de Mme de Montchalin. Notre problème, c’est que tout le monde joue le jeu et mette en place l’accord. »

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De fait, aujourd’hui, seul un agent sur deux est concerné, et la situation est très mauvaise dans certaines administrations. « La ministre a rappelé à l’ordre ses collègues », rapporte Natacha Pommet, secrétaire générale de la Fédération CGT des services publics (pour les fonctionnaires territoriaux). Autre piste hypothétique évoquée mardi : le fait que les fonctionnaires aujourd’hui soumis à un passe sanitaire se voient dorénavant imposer le passe vaccinal. « Cela concerne les agents qui sont en contact avec les usagers, dans les musées ou les équipements sportifs, par exemple, explique Céline Verzeletti, pour la CGT. C’est une mesure de parallélisme. » Passe vaccinal pour les usagers, donc passe vaccinal pour les fonctionnaires.

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