L’option d’un couvre-feu pour le Nouvel An envisagée par les experts


Ne pas attendre l’arrivée du cyclone Omicron pour agir. Même si « le pire n’est pas certain », autant anticiper ses effets potentiellement dévastateurs en « activant tous les leviers possibles », souligne Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

Mais de quels leviers dispose-t-on ? Alors qu’il se répand à une vitesse « fulgurante » chez nos voisins européens, notamment au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, alertait le premier ministre, Jean Castex, vendredi 17 décembre, Omicron devrait « se diffuser très rapidement au point de devenir dominant dès le début de l’année 2022 » en France. « Si c’est 10 % des cas de variant Omicron aujourd’hui dans notre pays, ça veut dire que la semaine prochaine c’est 25 % ou 30 %, et ça veut dire que dans quinze jours il est majoritaire », a renchéri samedi le ministre de la santé, Olivier Véran, sur France Inter.

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Dans son avis du 16 décembre, présenté comme une mise à jour de son avis du 8 décembre, le conseil scientifique glissait une nouvelle recommandation : l’instauration d’un couvre-feu en France pour le Jour de l’an. « Deux propositions peuvent être envisagées pour les festivités du Nouvel An », précisait cette instance. Première option : miser sur la responsabilité individuelle, comme pour la soirée de Noël, en invitant toutes les personnes qui ont prévu de sortir à se faire largement tester, à limiter la taille des événements festifs, à éviter de voir des personnes âgées la première semaine de janvier… Seconde option : « Au regard de l’accélération de l’épidémie (…), des mesures de restriction significatives doivent pouvoir être prises par les autorités à l’occasion du réveillon (y compris le cas échéant sous la forme de limitation d’activités collectives ou de couvre-feux), avec la possibilité d’une déclinaison territoriale. »

Sables mouvants

Avec ce nouveau variant, on marche sur des sables mouvants. Bien des inconnues subsistent, relève Mahmoud Zureik : la gravité de la maladie liée à Omicron, le temps exact de doublement des nouveaux cas, l’efficacité précise de deux ou de trois doses de vaccin sur les infections et sur les formes graves liées à ce variant, ou encore le taux de réinfections – qui serait multiplié par cinq avec Omicron par rapport au variant Delta, suggère une étude de l’Imperial College à Londres. « Dans les jours qui viennent, la cinétique de l’évolution du variant Omicron en France ainsi que son évolution en Angleterre pourraient être une aide à la décision », indiquait le conseil scientifique le 17 décembre. Autre énigme : alors qu’au Royaume-Uni la flambée est foudroyante, « en Afrique du Sud, le nombre de nouveaux cas liés à Omicron aurait cessé de croître », indique Mahmoud Zureik. Pour quelles raisons ? Mystère.

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