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Sobriété touristique : un « combat culturel »… et ferroviaire


Sobriété touristique : un « combat culturel »… et ferroviaire

La pandémie de Covid-19 a permis aux Français de redécouvrir le voyage près de chez eux, et l’offre à destination des classes aisées explose. Mais le problème de la mobilité touristique reste intact.

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Sobriété touristique : un « combat culturel »… et ferroviaire
Deux cyclistes sur les bords de la Loire, à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), près de Tours, en juillet 2019. GUILLAUME SOUVANT / AFP

Dans la valse des étiquettes inventées par l’industrie touristique pour rassurer ses clients − tourisme durable, responsable, bienveillant, vert, écotourisme… −, il en est une qui est restée au placard : la sobriété touristique. Car l’expression a tout de l’oxymore. Comme l’expose Rodolphe Christin, voyageur repenti et auteur d’un Manuel de l’antitourisme (Ecosociété, 2018, 144 pages, 12 euros), « la sobriété touristique, c’est moins de tourisme. Et moins de tourisme, cela signifie relocaliser le temps libre, sortir du conditionnement qui mène au réflexe “je pars en vacances, sinon ce ne sont pas des vacances” ».

L’idée que le tourisme n’existe que par le dépaysement et le voyage lointain est le fruit d’un imaginaire construit depuis les années 1950 par les acteurs économiques, notamment le secteur aérien, rappelle l’anthropologue du tourisme Saskia Cousin. La réalité des motivations et des pratiques des gens est tout autre, mais imposer un autre horizon touristique suppose un « combat culturel », disait-elle lors de la présentation, en avril, d’un rapport sur le « voyage bas carbone » par le groupe de réflexion The Shift Project.

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Dans le bilan carbone du tourisme, le mode de déplacement pèse très lourd : 77 % des émissions de l’industrie en France, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, dont 41 % pour le seul secteur aérien. Si les enquêtes d’opinion montrent une préoccupation accrue des aspects environnementaux dans l’organisation des vacances, seule une infime minorité se dit prête à adapter son mode de transport. Il est plus aisé de changer son type d’hébergement ou de consommation que d’accepter de partir moins loin ou différemment.

Prise de conscience environnementale

L’analyse du Shift Project montre que réduire de manière draconienne les émissions du tourisme en France implique de rompre avec trois modes de vacances les plus consommateurs d’énergies fossiles : l’itinérance en voiture, les courts séjours européens en avion et le voyage longue distance en avion pour une durée classique, d’une à trois semaines. Cette problématique concerne donc, en majeure partie, les classes privilégiées. Pour les autres, la sobriété touristique est déjà une réalité, pour des raisons économiques.

Les campagnes et le cyclotourisme, jadis deux façons de partir en vacances à moindre coût, deviennent des marchés rentables et haut de gamme

Concernant les longs trajets, des offres de trains touristiques se préparent et la renaissance du train de nuit est un phénomène européen. Mais la prise de conscience environnementale, accélérée par la pandémie de Covid-19, a surtout fait naître en France un foisonnement d’offres d’expériences pouvant correspondre aux nouvelles attentes des citadins aisés.

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