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Comment nos habitudes de consommation se heurtent à l’exigence de sobriété


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Publié aujourd’hui à 03h31

Siège auto, machine à hot-dog, tapis de yoga, robot de cuisine pour bébé, souffleur-aspirateur-broyeur à feuilles… Dans l’ancien centre de santé Savattero de Montreuil (Seine-Saint-Denis), en bordure de Paris, plus de 400 objets ont commencé leur seconde vie dans une bibliothèque d’un nouveau genre ouverte le 6 avril.

Ici, pas de livres ni de jeux vidéo comme dans une médiathèque. Mais une « bibliothèque d’objets », qui sera complètement opérationnelle à l’automne, où l’on peut déjà emprunter ponceuse, appareil à raclette, gaufrier… Autant d’articles qui, achetés neufs, encombrent bien souvent les logements ou finissent par être jetés, car ils ne servent qu’occasionnellement. « Cela vaut-il vraiment le coup que, dans chaque maison, il y ait une perceuse pour qu’elle ne soit utilisée que douze minutes dans toute sa durée de vie ? », s’interroge Sylvain Mustaki, à l’origine du projet avec son association, L’Observatoire du partage.

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L’idée de cet ancien producteur de spectacle de variétés internationales : « Mutualiser tout ce qui peut avoir une utilisation rare ou ponctuelle, ce qui est laissé dans les placards et qui génère du plastique et des déchets. » « Cela ne prétend pas répondre à tous les besoins », mais, pour lui, donner la priorité à l’usage sur la propriété peut « participer à un changement dans les habitudes de consommation ».

De 5 à 50 euros par semaine, selon la valeur de l’objet

Dans cet immeuble de 600 mètres carrés, M. Mustaki espère réunir un millier d’objets d’ici à la fin de l’année, principalement issus de dons, et 3 000 mètres carrés, à terme, que chacun peut emprunter contre une rétribution modique. De 5 à 50 euros par semaine, selon la valeur de l’objet, « pour assurer un minimum d’équilibre financier ». Il a bien étudié la question. « Il y a 300 structures de ce type dans le monde, dont beaucoup en Amérique du Sud. Dans les grandes villes, au bout de trois à cinq ans, elles fonctionnent avec près de 3 000 objets et un millier de prêts par mois », s’enthousiasme ce sexagénaire qui s’est beaucoup inspiré des théories du partage dans l’organisation de la société développées par l’association américaine Shareable.

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Dans ce nouveau lieu, on trouve aussi une machine pour régénérer les piles, une pièce consacrée à la coréparation, des ateliers pour les publics scolaires et, bientôt, des salles de répétition de musique. « Ma conviction de départ, c’est qu’à un moment, si on ne fait rien, ça va exploser. »

Quelques chiffres de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en témoignent : si les Français pensent posséder 34 appareils électriques et électroniques par foyer, ils en détiennent, en fait, 99 en moyenne, dont 6 jamais utilisés. Entre 54 millions et 110 millions de smartphones dorment dans les tiroirs et 2,5 tonnes d’objets en moyenne sont accumulés dans les logements, soit 45 tonnes de matières mobilisées pour les fabriquer.

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