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Au Maroc, le prix des carburants flambe, la grogne sociale aussi


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A Rabat, en 2013.

Presque 17 dirhams (1,6 euro) le litre d’essence, plus de 14,5 dirhams (1,4 euro) celui du gasoil. Au Maroc, les prix des carburants montent en flèche en ce début juin. Venu se ravitailler dans l’une des stations-service de la route d’El-Jadida, l’une des principales artères de Casablanca, Rachid*, chauffeur de taxi, ne décolère pas. Les prix à la pompe sont en hausse depuis plusieurs mois, mais jamais, assure-t-il, ils n’avaient atteint un tel niveau. « Depuis le corona, le plein est passé du simple au double, et mon salaire a diminué d’autant, s’indigne-t-il. C’est 150 dirhams [14 euros] que je perds chaque jour. Et chaque jour, je me demande : où va cet argent, dans les poches de qui ? »

Chez Hamid*, rencontré quelques mètres plus loin devant la station voisine, l’exaspération a cédé la place au désespoir. « C’est dramatique, dramatique, répète ce patron d’une petite entreprise de construction métallique. Je n’arrive pas à m’en sortir. Le prix du carburant a doublé, celui de l’acier aussi. Mes ouvriers me demandent une augmentation, mais moi-même je ne me verse plus de salaire depuis trois mois !, se désole-t-il. Je n’ai même plus les moyens d’accepter des projets loin de Casablanca. Je ne vais pas pouvoir continuer comme ça. »

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Pays non producteur de pétrole et dépendant à 100 % de ses importations, le Maroc paie cher l’envolée des cours de l’or noir dans le sillage de la guerre en Ukraine. Selon le Haut-Commissariat au plan, le prix des carburants a grimpé de 13,2 % en avril, après une augmentation de 8 % en mars. L’impact de cette hausse est d’autant plus fort qu’elle se répercute sur l’ensemble des prix des matières premières et produits de première nécessité, fragilisant davantage une économie qui est à peine en train de se remettre de la pandémie de Covid-19.

« Chèque en blanc au secteur privé »

Dans un pays où le salaire minimum ne dépasse pas les 250 euros nets mensuels, la tension sociale est palpable. Les stations-service ont envisagé de faire grève en avril, et les transporteurs routiers ont brandi la même menace le 23 mai. Le 29 mai, à Casablanca, « environ 4 000 personnes » ont manifesté notamment contre la « cherté de la vie », bravant l’interdiction décrétée par les autorités au motif du maintien de l’ordre public, selon le Front social, qui regroupe syndicats, partis de gauche et associations.

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