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Le marché du bio ralentit en raison de l’inflation et des labels trompeurs


Le rayon des fruits et légumes bio dans un hypermarché du Val-d’Oise, le 7 mars.

Partez à la découverte des producteurs bio de votre région ! C’est le mot d’ordre lancé par les promoteurs de cette agriculture respectueuse de l’environnement, organisateurs de l’événement Le Printemps bio, qui se déroule jusqu’au 19 juin sur l’ensemble du territoire. L’occasion de sensibiliser le public à ce qui fait l’essence même du bio. Un rendez-vous annulé deux fois, pandémie de Covid-19 oblige. Or, plus que jamais, les acteurs de cette filière ont besoin de réexpliquer leur différence, comme l’arrêt pur et simple de l’usage des pesticides et engrais de synthèse, alors que le lien semble s’être un peu distendu avec le consommateur.

Dans les magasins, l’appétit des Français pour les produits estampillés de la fleur blanche sur fond vert se fait moins vorace. Après des années de croissance à deux chiffres, leur consommation a connu un soudain coup d’arrêt en 2021. Selon les chiffres publiés, vendredi 10 juin, par l’Agence Bio, les Français ont déboursé 12,65 milliards d’euros en 2021 pour s’acheter des aliments de ce type dans les magasins. Un montant en retrait de 1,34 % sur un an. En ajoutant la part de la consommation bio dans les cantines et les restaurants, le total atteint 13,26 milliards d’euros. « Nous avons perdu 68 millions d’euros sur 13 milliards en 2021, quand 5 milliards d’achats alimentaires ont disparu sur cette même période. Ce n’est pas très grave », relativise Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, qui s’étonne d’avoir « entendu des voix annoncer la fin du bio ». « C’est surréaliste. »

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Il est vrai que les chiffres disponibles jusqu’alors étaient ceux de la grande distribution, où la décélération a été la plus brutale. « Les produits alimentaires bio ont fini l’année 2021 sur une baisse en valeur dans les grandes surfaces de 3,6 % comparée à 2020, tandis que l’ensemble des produits alimentaires a terminé à − 0,4 %. Le poids du bio au sein des produits de grande consommation est passé de 5,7 % du chiffre d’affaires en 2020 à 5,5 % en 2021 », estime Emily Mayer, de l’institut d’études IRI, qui scrute les achats des Français en magasin.

Elle précise que des signes avant-coureurs d’un ralentissement de ce marché, jusqu’alors très dynamique, étaient percep­tibles dès 2019. Néanmoins, l’irruption de la crise sanitaire, avec le bouleversement du confinement, a brouillé, un temps, les repères de consom­mation. La rupture est ­finalement apparue au grand jour en avril 2021, avec un passage en territoire négatif.

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Pour expliquer ce changement de tendance, elle met en exergue le coup d’arrêt à l’extension de l’assortiment de produits bio dans les rayons. Un déploiement massif lié à la conversion des entreprises agroalimentaires, chacune déclinant ses marques avec le label bio, appâtée par un marché lucratif. Après l’effervescence, certains groupes se font plus sélectifs et le nombre de références ne croît plus, voire se réduit. L’Agence Bio estime ce recul à 5 % entre janvier 2021 et janvier 2022.

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