fbpx

La politique zéro Covid de la Chine est coûteuse et aléatoire


A Shanghaï, le 11 juin 2022.

Les autorités chinoises s’apprêtent-elles à reconfiner Shanghaï ? Dix jours après la réouverture de leur ville le 1er juin, les 25 millions de Shanghaïens sont de nouveau inquiets. Après la découverte de six nouveaux cas de Covid-19 vendredi 10 juin – dont trois dans un salon de coiffure –, la municipalité a décidé de tester ce week-end la population dans, semble-t-il, douze des seize districts de la ville. Environ 20 millions de personnes sont concernées et la moitié d’entre elles vont devoir être confinées durant cette opération.

C’est à la suite d’une campagne similaire de dépistage systématique effectuée fin mars que la ville a imposé, à partir du 1er avril, un confinement annoncé pour une durée de quatre jours, mais qui s’est finalement étalé sur plus de deux mois. Pourtant, le 24 mars, la presse chinoise affirmait que « Shanghaï n’avait pas de plan pour confiner la ville ». Résultat : aujourd’hui, les propos rassurants des autorités ne sont plus audibles. Vendredi 10 juin, Zhao Dandan, numéro deux des autorités sanitaires de Shanghaï, a « de nouveau exhorté les résidents à éviter les rassemblements ». Son annonce a eu un effet immédiat : les Shanghaïens se sont précipités dans les supermarchés pour faire des provisions.

Lire aussi : Covid-19 : Shanghaï va reconfiner 2,7 millions d’habitants pour dépister la population

Le 1er juin, la réouverture de la ville n’avait pas été totale. Environ 190 000 personnes restaient confinées chez elles et 4,5 millions étaient dans des « zones sous contrôle ». Malgré ces précautions, trente-deux cas sont apparus officiellement en dix jours. Un nombre qui, au pays du zéro Covid, suffit à mettre les autorités en état d’alerte et laisser craindre un retour au confinement de la population. Car, pour les dirigeants chinois, il n’est pas question de renoncer à cette stratégie radicale. En déplacement dans le Sichuan, le président, Xi Jinping, a réaffirmé vendredi qu’il fallait poursuivre celle-ci de façon « inébranlable ».

« Cas contacts indirects »

Pékin connaît également un répit précaire. Après un mois de semi-confinement, la capitale a rouvert le 30 mai les « commerces non essentiels », puis, le 6 juin, les cafés et les restaurants. Les élèves devraient reprendre le chemin de l’école lundi 13 juin, après avoir présenté un test négatif. Mais là aussi, il a suffi de quelques cas positifs, mercredi 8 juin, dans les boîtes de nuit du quartier branché de Sanlitun, pour que ce district qui abrite de nombreuses entreprises et ambassades annonce la fermeture des bars et fasse passer des milliers de tests à une population déjà testée toutes les soixante-douze heures. Plus de 4 400 cas contacts ont été envoyés en quarantaine, et les bars, de nouveau fermés. Une conséquence parmi d’autres : en raison d’élèves qualifiés de « cas contacts indirects », le lycée français de Pékin ne rouvrira pas ses portes comme prévu le 13 juin.

Il vous reste 32.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.