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« Il va falloir vivre avec le changement climatique et pas seulement y faire face »


Ravitaillement des villages isolés après le passage de la tempête Alex, qui à ravagé la vallée de la Roya, depuis Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), le 6 octobre 2020.

La France tente tant bien que mal de s’adapter à la vague de chaleur qui la fait suffoquer. Mercredi 15 juin, vingt-trois départements ont été placés en vigilance canicule par Météo-France et le mercure devrait encore grimper.

Magali Reghezza-Zitt, maîtresse de conférences en géographie à l’Ecole nationale supérieure et membre du Haut Conseil pour le climat, considère que la France n’est pas suffisamment préparée aux effets du dérèglement climatique. Cette spécialiste des risques et des questions de vulnérabilité appelle à revoir intégralement l’aménagement du territoire et à vivre avec le changement climatique.

La France est-elle préparée aux vagues de chaleur et à la crise climatique ?

Si par « préparée » on veut dire qu’il n’y a plus 20 000 morts comme après la canicule de 2003, oui. Mais en réalité, la France est loin d’être bien préparée : on enregistre toujours une surmortalité importante lors des vagues de chaleur, qui risque de s’aggraver cet été avec la conjonction du Covid-19 (les organismes sont fatigués), de la crise de l’hôpital et d’un risque de succession de canicules.

On est encore et toujours dans une logique de réparation et de gestion de crise plutôt que de prévention ; dans le pansement et pas dans le traitement de fond, qui peut guérir.

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De nombreuses politiques d’adaptation sont menées dans les territoires, mais les outils restent insuffisamment mis en œuvre et ces actions dispersées ne constituent pas une vision globale. On a aussi beaucoup de « mal adaptation », des solutions qui vont émettre plus de gaz à effet de serre – comme la climatisation – ou empêcher les changements structurels : par exemple, quand on installe des canons à neige, on entrave l’évolution inéluctable des stations de montagne vers un autre modèle sans neige. Il va falloir vivre avec le changement climatique et pas seulement y faire face, comme pour le Covid-19.

Quels sont les principaux risques climatiques qui pèsent sur la France ?

La France est exposée à des extrêmes chauds et secs, comme les vagues de chaleur et les sécheresses, des extrêmes humides, telles que les pluies extrêmes, les inondations ou les submersions marines, auxquels il faut ajouter des tempêtes et des cyclones. Ces aléas, en se conjuguant, peuvent déboucher sur d’autres risques (comme les incendies) et ils entraînent des conséquences sur l’ensemble des sociétés : pour l’agriculture, la santé, l’éducation, etc.

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Tous les territoires sont aujourd’hui concernés, avec des degrés différents. Les deux tiers des Français sont déjà exposés au risque climatique, un sur quatre habite dans une zone inondable, plus de dix millions de logements sont dans des zones soumises à des retraits-gonflement des argiles – des mouvements de gonflement et de rétractation qui provoquent des fissures.

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