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Timide accord à l’OMC sur les subventions nuisibles à la pêche


Pêche au thon, au large de l’Ametlla de Mar (Espagne), le 9 juillet 2021.

Un accord édulcoré et partiel certes, mais un accord tout de même : les cent soixante-quatre pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont conclu leurs négociations sur les subventions au secteur de la pêche, jeudi 16 juin, avec trente-six heures de retard sur l’agenda, après d’interminables discussions nocturnes et plus de vingt ans de tergiversations. L’enjeu est de taille : il s’agit de s’attaquer à ces financements aux conséquences désastreuses pour l’océan, puisqu’ils aident les pêcheurs à se doter de navires toujours plus puissants pour aller dénicher les derniers poissons d’espèces surexploitées.

Ce sujet a constitué l’un des trois thèmes essentiels – avec la crise alimentaire mondiale provoquée par l’invasion russe en Ukraine et la levée temporaire des brevets des vaccins contre le Covid-19 – de la 12e session ministérielle de l’OMC qui vient de se terminer, à Genève, la première à se tenir depuis décembre 2017. « Les résultats démontrent que l’OMC est capable de répondre aux urgences de notre époque », s’est réjouie la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, à propos du paquet de mesures « sans précédent » finalement adopté.

Urgence

Mardi, elle avait exhorté les ministres à redoubler d’efforts tant les discussions semblaient ne pas pouvoir aboutir. « Cela exige que nous travaillions plus dur », avait-elle insisté auprès d’une assemblée, qui adopte ses décisions par consensus. A l’égard des ressources halieutiques qui déclinent dans le monde, il y a urgence. Selon les estimations des Nations unies, 34 % des populations de poissons sont surexploitées et ne pourront pas se reconstituer. L’ONU réclame, depuis 2015, de revoir à la baisse l’ensemble des soutiens publics qui encouragent la surexploitation de l’océan : construction et modernisation de navires, acquisition de nouveaux moteurs, d’équipements, de technologies de détection des poissons, sans qui les campagnes très coûteuses en haute mer ou le tractage de lourds chaluts sur les fonds marins ne seraient pas rentables. Le cas sensible des très populaires subventions au carburant a été renvoyé à plus tard.

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Pour débloquer ce dossier, Ngozi Okonjo-Iweala a proposé la création d’un fonds de 20 millions de dollars (environ 19 millions d’euros), destiné à favoriser la conversion des pays en développement vers des modes de pêche plus durables. On est loin des montants généreux des subventions au secteur, généralement évalués à plus de 32 milliards de dollars par an dont 22 milliards considérés comme des leviers directs de la surpêche.

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