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Après deux ans de reports, la COP15 sur la biodiversité aura lieu en décembre au Canada


Lancement de la COP15 en ligne, le 11 octobre 2021 depuis Kunming, dans la province du Yunnan, en Chine.

Elle aurait dû avoir lieu en octobre 2020 à Kunming, en Chine. Après quatre reports provoqués par la pandémie de Covid-19, la 15e conférence mondiale sur la biodiversité (COP15) se tiendra finalement du 5 au 17 décembre à Montréal, au Canada. L’annonce a été officialisée mardi 21 juin depuis Nairobi, au Kenya, où s’ouvre une ultime session de négociations. « Avoir une date ferme pour la COP est un vrai soulagement, se réjouit Juliette Landry, chercheuse à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). Il fallait qu’elle se tienne avant 2023 car nous avons déjà perdu deux années précieuses. »

Alors que plus d’un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction et que les trois quarts des écosystèmes terrestres ont été altérés par les activités humaines, la COP15 doit permettre d’établir un nouveau cadre mondial visant à mettre un terme à l’érosion de la biodiversité d’ici à 2030. L’enjeu est majeur : aucun des précédents objectifs globaux portant sur la période 2010-2020 n’a été atteint et la pression sur les milieux naturels ne cesse de s’accroître.

Depuis des mois, le processus devant aboutir à cet accord était pourtant plongé dans l’incertitude. Alors que la COP26 sur le climat a pu se tenir fin 2021 en Ecosse, la Chine, aux prises avec la pandémie, avait dû de nouveau reporter sine die la tenue de la COP15, suscitant l’inquiétude et la frustration des parties prenantes. Dans une lettre ouverte publiée le 17 juin, une dizaine d’organisations appelaient les gouvernements et les Nations unies à fixer une échéance, l’absence de date officielle « freinant les progrès, l’élan et l’intérêt pour cet accord crucial ». Pékin, qui conserve la présidence de la COP, a donc finalement accepté que la conférence ait lieu à Montréal, où se trouve le siège de la Convention de l’ONU sur la diversité biologique. « C’est la moins mauvaise solution pour tout le monde, la Chine ne voulait pas annoncer de nouvelles dates qu’elle n’aurait pas été en mesure de tenir », estime Li Shuo, spécialiste des politiques environnementales chez Greenpeace Chine.

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Tensions sur le financement

Réunis à Nairobi jusqu’au 26 juin, les négociateurs doivent désormais faire avancer la préparation du projet de cadre mondial. La tâche s’annonce ardue, la précédente session de travail, qui s’est tenue en mars à Genève, n’ayant permis d’accomplir que de très minces progrès. « Les délégués vont devoir simplifier le texte, le nettoyer, se concentrer sur les points de convergence et parvenir à des compromis », résume Li Shuo. « Il est essentiel que les gouvernements se ressaisissent, négocient et produisent un projet de plan d’action quasiment finalisé et pouvant être adopté plus tard cette année », explique aussi Marco Lambertini, le directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF).

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