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Le Haut Conseil pour le climat appelle à un « sursaut » de l’action climatique en France


Il y a du mieux mais le compte n’y est toujours pas. Dans son quatrième rapport annuel, publié mercredi 29 juin, le Haut Conseil pour le climat (HCC) estime que la réponse de la France au dérèglement climatique « progresse mais reste insuffisante », de sorte que des « risques majeurs persistent de ne pas atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ». Compte tenu de cette menace et du renforcement des cibles européennes, l’instance indépendante, mise sur pied par Emmanuel Macron en 2018, appelle à un « sursaut » de l’action climatique dans le pays.

Dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la flambée des prix de l’énergie, une telle accélération permettrait de « réduire la forte dépendance de la France aux importations d’énergies fossiles et d’engrais minéraux » qui la rendent vulnérable, ajoutent les treize membres du HCC. Ces climatologues, agronomes, économistes ou géographes conseillent au gouvernement de donner la priorité à la sobriété, au déploiement des énergies renouvelables et à l’évolution des pratiques agricoles et alimentaires (réduction de la consommation de viande, du gaspillage, etc.).

Lire l’entretien : Article réservé à nos abonnés « Il va falloir vivre avec le changement climatique et la France est loin d’être préparée »

Recul insuffisant des émissions

Comme chaque année, ce rapport, devenu une référence pour analyser la politique climatique gouvernementale, est fortement attendu. Publié dans un contexte de tensions au sein de la structure, il contient une cinquantaine de recommandations afin d’orienter un nouveau gouvernement qui a promis de faire de l’écologie l’une de ses priorités. Preuve du volontarisme de Matignon, les conseillers du cabinet de la première ministre, chargée de la planification écologique et énergétique, ont organisé un point presse en amont de la remise du rapport à Elisabeth Borne, ainsi qu’aux ministres de la transition écologique et de la transition énergétique.

Première conclusion de l’épais document (180 pages), intitulé « Dépasser les constats, mettre en œuvre les solutions » : les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 6,4 % en 2021, par rapport à 2020, en raison de la reprise partielle de l’activité économique post-Covid-19, mais elles restent inférieures de 3,8 % au niveau de 2019. « Elles s’inscrivent dans une tendance à la baisse, avec une réduction de 23 % depuis 1990 », note Corinne Le Quéré, climatologue à l’université britannique d’East Anglia, qui préside le HCC.

Toutefois, cette diminution est loin d’être suffisante. D’abord, parce que le rythme de réduction sur la période 2019-2021 (– 1,9 % par an), qualifié de « modeste » par le HCC, est proche de celui observé sur la décennie 2010-2019 (– 1,7 % par an). Ensuite, parce que si les émissions pour 2019-2021 sont dans les clous, c’est principalement dû aux effets de la pandémie et au report d’une partie de l’action à plus tard. Le gouvernement, faute d’être parvenu à respecter ses objectifs pour la période 2015-2018, a en effet relevé les budgets carbone, c’est-à-dire les plafonds d’émissions, pour la période 2019-2023. « La reprise des activités encore partielle en 2021, avec le maintien de restrictions et le télétravail, notamment, complexifie l’identification des effets des mesures structurelles », indique Corinne Le Quéré.

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