fbpx

Sur la côte languedocienne, des stations balnéaires prennent des mesures contre les Jet-Ski


Un radar a été installé dans le port de Port-Camargue, le 13 juillet 2022.

Leur utilisation divise de plus en plus : quand, pour les uns, les Jet-Ski permettent aux conducteurs de faire vrombir leur moteur en jouant avec les vagues, ils sont pour d’autres le symbole d’un loisir polluant, bruyant et gênant les autres usagers de la mer. Sur le littoral languedocien, ces antagonismes ont pris une ampleur particulière ces deux derniers étés, marqués par la pandémie de Covid-19 et un afflux important de touristes dans les stations régionales.

« Le Covid a rebattu les cartes des pratiques nautiques, analyse Jean-Romain Brunet, directeur de Port-Camargue (Gard), le plus grand port nautique d’Europe. Après avoir été confinés, les Français ont renoué avec tout ce qui s’apparente à des “espaces de liberté” : ils se sont rués sur les vélos, les camping-cars, les paddles, les bateaux, mais aussi les Jet-Ski. Cela donne une génération de nouveaux pratiquants depuis deux ans, qui ne sont pas marins de formation. Il faut s’adapter. »

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Camargue, un projet controversé de pont sur le Rhône

Entre 2000 et 2021, les immatriculations de navires et véhicules nautiques à moteur au niveau national ont augmenté de 45 %. En parallèle, les services de l’Etat constatent depuis deux ans une multiplication des comportements à risque avec une volonté de profiter de la mer sans se soucier des règles de sécurité, de la part des baigneurs, des usagers de la mer en général, et de ceux de Jet-Ski en particulier.

Les « motos des mers » représentent moins de 10 % des engins immatriculés dans l’Hérault et le Gard (dont 5 705 immatriculés à Sète), mais sont responsables de 50 % des infractions relevées. Devant ce phénomène, les stations s’adaptent ou haussent le ton, chacune à leur manière. Pas de directive nationale pour l’instant, mais, au niveau régional, un débat regroupant toutes les parties est prévu en Occitanie cet automne. Du côté du littoral catalan, on penche pour une limitation drastique des Jet-Ski par une méthode radicale : empêcher leur mise à l’eau. C’est ce qu’a décidé la station des Saintes-Marie-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône) il y a plusieurs années, suivie plus récemment par Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), qui a détruit sa rampe de mise à l’eau juste avant l’été. Une solution qui rend furieux les usagers et contrarie aussi les communes voisines, qui doivent de fait accueillir davantage d’engins, quand les amateurs de Jet-Ski ne se rendent pas carrément en Espagne.

Radars nautiques pédagogiques

A l’autre bout de la côte occitane, Port-Camargue a choisi de miser sur le civisme des usagers : le 13 juillet, le port inaugurait les deux premiers radars nautiques pédagogiques en France. Des équipements qui indiquent aux bateaux quand ils vont trop vite dès lors qu’ils sortent du port, comme cela existe pour les automobilistes traversant des villages. S’ils respectent la limite des cinq nœuds, leur vitesse s’affiche en vert sur l’écran installé au bord du canal ; s’ils sont au-dessus, leur vitesse s’affiche en rouge.

Il vous reste 43.89% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.