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Aux Etats-Unis, Williston, la ville pétrolière qui veut devenir durable


Une torche à gaz sur un site de puits de pétrole, le 26  juillet  2013, près de Williston.

Dans l’imaginaire américain, le North Dakota, ce sont les vastes plaines où le futur président Theodore Roosevelt (1858-1919) fut cow-boy et chasseur de bisons à la fin du XIXe siècle. Un parc national lui est dédié, avec son méandre iconique du Petit Missouri. A la sortie de ce paradis américain se trouve une route à quatre voies flambant neuve. Très vite, en remontant vers le nord, apparaissent les lueurs des torchères : du gaz naturel est brûlé à côté de derricks.

Sur les côtés, des préfabriqués servent de camp aux travailleurs de l’industrie pétrolière. C’est l’arrivée à Williston, ville-champignon de prospecteurs de pétrole, qui vit de boom et de récession au rythme des cours du pétrole. Nous avions prévu de nous y rendre début 2021, quand le pétrole était au plus bas, pour raconter son agonie. La ville avait été fracassée par le Covid-19. Son aéroport tout neuf, inauguré en octobre 2019 avec six vols quotidiens pour desservir Minneapolis (Minnesota) et Denver, était quasiment à l’arrêt.

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Les 273 millions de dollars (269 millions d’euros) d’investissements semblaient soudain bien inutiles. Le patron de la société Outrigger Energy, Dave Keanini, suscitait un brin de compassion : il venait d’achever une usine et un réseau de pipeline de gaz naturel pour desservir les puits de la région. Mais le dirigeant nous avait surpris par son optimisme : le pétrole, cela va, cela vient, et cela renaîtra. Dix-huit mois plus tard, en effet, c’est une histoire tout à fait nouvelle qui semble se dérouler, celle de la consolidation de la ville.

Un côté far-west

Jusqu’en 1956, il n’y avait quasiment rien dans cette ville fondée à la fin du XIXe siècle par un magnat des chemins de fer, avant qu’on y trouve du pétrole. Las, le liquide noir n’était pas assez abondant, et la ville déclinait lentement. La découverte de la technologie pour exploiter pétrole et gaz de schiste par injection hydraulique va changer la donne. Entre 2008 et 2014, la population double, pour atteindre 24 000 habitants. C’est l’époque où l’on ne reste pas à Williston : on y va pour faire fortune. « Le pétrole et le gaz, c’est le terrain de jeu des hommes jeunes. Ils font de l’argent et travaillent dur », commente Shawn Wenko, directeur du développement économique de la ville de Williston.

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La population, à l’époque, a un côté far-west, avec son alcool, sa prostitution et sa criminalité accompagnant les prospecteurs. C’est encore un peu le cas aujourd’hui, à en voir la clientèle de la steakhouse de la ville, investie par de solides gaillards coiffés d’un Stetson. Puis, comme dans toutes les villes-champignon de l’Ouest, la crise du pétrole de 2014 fait éclater la bulle. « Ce fut moins ravageur que dans les années 1980, car la technologie avait évolué », explique Shawn Wenko. Les puits continuent de cracher leurs hydrocarbures sans qu’il y ait grand-chose à faire.

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