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Marseille met la pression sur les croisiéristes et l’Etat


Le « MSC Divina », en 2012 devant Marseille.

30 000 signatures en moins d’une semaine. La pétition contre la pollution atmosphérique due au transport maritime lancée par le maire de Marseille Benoît Payan (Printemps marseillais), a, en plein été, trouvé sa cible. Pas étonnant. La ville vient de vivre huit jours d’« alerte de niveau 2 » de pollution à l’ozone et la mise en place, pour la deuxième fois de son histoire seulement, d’une circulation différenciée interdisant le centre-ville aux véhicules automobiles les plus polluants. Une mesure levée par le préfet des Bouches-du-Rhône, dimanche 24 juillet à 20 heures.

« Les Marseillais suffoquent », constate Benoît Payan depuis son bureau du Palais du Pharo, dont les fenêtres donnent sur le port industriel, géré par l’Etat, et, au loin, les imposants bateaux de croisière en escale, cibles principales de sa vindicte. « Les niveaux de pollution ne sont plus acceptables. Une collectivité sert à agir mais aussi à faire réagir. C’est une question de santé que je mets sur la place publique pour que les gens qui vivent ici comprennent ce qu’il se passe », insiste le maire, déjà à l’origine, en février 2022, d’une tribune publiée par Le Monde réunissant vingt-cinq maires du pourtour méditerranéen exigeant la mise en place d’une zone de réglementation des émissions de polluants (ECA).

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Dans sa pétition, M. Payan demande plusieurs mesures : l’interdiction par arrêté préfectoral des escales de bateaux polluants dans sa ville durant les pics de pollution, plus globalement, l’accélération de la création de la zone de réduction d’émissions de soufre (SECA) en Méditerranée, et surtout la mise en place d’une zone ECA, limitant la pollution aux oxydes d’azote et particules fines. Il propose aussi à l’Etat de mieux contrôler les navires qui pénètrent en rade de Marseille pour s’assurer qu’ils utilisent bien des carburants au taux de 0,1 % de soufre. « Je ne voudrais pas m’apercevoir que certains bénéficient de dérogations », glisse-t-il.

Une « formulation maladroite »

A Marseille, la pollution engendrée par les bateaux de croisière cristallise les oppositions. Alors que l’activité renaît après la parenthèse du Covid-19, avec 530 escales et près d’un million et demi de passagers prévus en 2022 selon le Club de la croisière, de nombreuses associations d’habitants dénoncent les fumées qui étouffent leurs quartiers. Le 14 juin, le collectif Stop Croisières a, avec une simple armada de kayaks, bloqué l’arrivée du Wonder of the Seas et de ses 9 000 passagers. Outre le soutien de sa majorité, au premier rang de laquelle les élus écologistes, l’initiative de Benoît Payan reçoit l’appui des trois nouveaux députés Nupes de la ville, dont Manuel Bompard (LFI), qui rappellent que « 2 500 décès prématurés par an sont dus à la pollution de l’air à Marseille ».

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