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Ce que l’on sait du virus « Langya » repéré en Chine


En prise avec la menace militaire chinoise, Taïwan a fait savoir, dimanche 7 août, qu’un nouveau virus, baptisé « Langya henipavirus (LayV) », avait été découvert en Chine. Les centres de contrôle des maladies (CDC) taïwanais ont fait état de trente-cinq personnes infectées dans le Shandong et l’Henan, deux provinces situées dans l’est du pays, révèle le Taipei Times, journal taïwanais en langue anglaise. L’agent pathogène a depuis été placé sous surveillance. Le Monde fait le point sur ce que l’on sait de ce virus.

  • Une étude menée entre 2018 et 2021

L’annonce de la découverte de ce nouveau virus par Taïwan se fonde sur une étude publiée dans le New England Journal of Medicine, jeudi 4 août, et réalisée par des chercheurs d’universités et d’instituts en Chine, à Singapour et en Australie.

L’enquête a été réalisée entre 2018 et 2021, auprès de patients fiévreux et en contact avec des animaux avant l’apparition de leurs symptômes. Ces scientifiques étudiaient les zoonoses (maladies infectieuses transmises à l’homme par l’animal), et sont parvenus à identifier un nouveau virus de genre henipavirus, baptisé depuis « Langya henipavirus » (LayV).

  • Aucun décès recensé à ce jour

L’étude recense trente-cinq patients, essentiellement des agriculteurs localisés dans ces deux provinces chinoises, souffrant d’une infection au Langya henipavirus ; parmi eux, vingt-six n’étaient infectés que par le LayV.

D’après cette enquête, tous ont développé de la fièvre et plus de la moitié d’entre eux a souffert de fatigue, de toux, de perte d’appétit et d’une diminution de leurs globules blancs. Des vomissements, nausées, maux de tête et des douleurs musculaires, ainsi qu’une faible numération plaquettaire et une insuffisance hépatique ont également été signalés chez plus d’un tiers des patients. Tous ont apparemment survécu – l’étude ne faisant pas mention de décès.

  • Des musaraignes seraient à l’origine des contaminations

Les conclusions de l’étude laissent à penser que des musaraignes, petits mammifères ressemblant à des taupes à moustaches, pourraient être à l’origine des contaminations. Interrogé à ce sujet par le Taipei Times, le directeur général adjoint des CDC de Taïwan, Chuang Jen-hsiang, a expliqué que, selon les chercheurs et auteurs de l’étude, qui ont pratiqué des tests sérologiques sur vingt-cinq espèces d’animaux, le virus avait été détecté chez 27 % des musaraignes testées. Seules 2 % des chèvres et 5 % des chiens testés ont été déclarés positifs à ce virus.

  • Une infection qui ne se propage pas rapidement

Rien n’indique, à ce jour, que cet agent pathogène puisse se transmettre de l’homme à l’homme, explique Chuang Jen-hsiang au quotidien taïwanais :

« Les trente-cinq patients en Chine n’avaient pas eu de contacts étroits les uns avec les autres, ni d’antécédents d’exposition communs, et la recherche des contacts n’a montré aucune transmission virale parmi les contacts proches et la famille, ce qui suggère que les infections humaines pourraient être sporadiques. »

Le professeur de biologie de l’University College de Londres, François Balloux, a rappelé, dans une série de messages publiés sur Twitter, que l’infection « ne se propage pas rapidement chez l’homme » et que, à ce stade, « LayV ne ressemble pas du tout à une répétition de Covid-19 ».

Il s’agit davantage, selon lui, d’un « rappel de la menace causée par les nombreux agents pathogènes circulant dans la population d’animaux sauvages et domestiques qui ont le potentiel d’infecter les humains ».

Cette propagation est courante et représente chez l’homme plus de six maladies infectieuses connues sur dix, selon les Centers for Disease Control and Prevention, aux Etats-Unis. La plupart du temps, ces germes provoquent des maladies limitées et s’éteignent sans avoir d’impact majeur. Depuis l’épidémie de Covid-19, davantage de systèmes de suivi sont désormais en place et détectent de nouveaux agents pathogènes.

« Chaque année, plusieurs virus émergent chez l’homme sans pour autant provoquer des épidémies. [Le LayV] circule depuis plusieurs années à bas bruit et nous ne sommes pas dans une situation d’urgence comme ce fut le cas avec le SARS-CoV-2. Il n’y a pas d’inquiétudes particulières à ce stade, mais la nécessité d’études complémentaires », abonde Yannick Simonin, virologue de l’Inserm, à l’université de Montpellier, interrogé par Le Parisien.

« Comme le virus Langya est un virus nouvellement détecté, les laboratoires taïwanais devront établir une méthode standardisée de test », a conclu le directeur général adjoint des CDC taïwanais. Une enquête plus approfondie reste nécessaire pour mieux comprendre cette infection, ont déclaré les chercheurs à l’origine de cette étude.

Le Monde





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