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les brasseurs allemands subissent de plein fouet la flambée des factures d’énergie


A la fête de la bière, à Munich (Allemagne), le 22 septembre 2019.

Pour les brasseurs allemands, le « grand huit des émotions » continue. L’expression choisie de Robin Weber, cofondateur de la petite marque Berliner Berg, qui produit 10 000 hectolitres de bière à l’année au cœur de la capitale, résume le profond désarroi du secteur, très énergivore. Alors que la consommation de bière a repris de plus belle avec les beaux jours et le retour de la vie sociale après les restrictions sanitaires, « les inquiétudes pour le futur sont grandes ».

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Depuis le début de 2022, il enregistre 30 % d’augmentation sur sa facture de gaz, car, « oui, malheureusement, le générateur de vapeur indispensable à notre production tourne au gaz », soupire-t-il. A partir du 1er octobre, il faudra en plus encaisser le surcoût des livraisons, de 2,419 centimes par kilowattheure consommé, que les entreprises importatrices de gaz pourront reporter sur les consommateurs. Cette nouvelle réglementation, décidée après le sauvetage d’Uniper au début de l’été, vise à répartir la charge financière pour supporter la crise.

Manque de transparence

A Berliner Berg, Robin Weber étudie des solutions de remplacement au cas où le secteur ne serait pas sur la liste prioritaire des industries agroalimentaires, y compris de basculer sur un processus de brassage avec du fioul comme énergie principale. « Mais pour cet hiver, c’est techniquement impossible à mettre en place. » Au pire des cas, le jeune entrepreneur espère bénéficier de mesures de soutien comme le chômage partiel pour les 21 salariés et tenir quelques mois sans produire. « Vous pouvez demander à Olaf Scholz [le chancelier] quand il compte nous donner des informations ? », sourit son associée Michèle Hengst, qui plaisante à moitié. Le manque de transparence du gouvernement et de l’Agence des réseaux les mine.

« Il y a des délais de livraison de six mois ! » Ulrich Biene, porte-parole de Veltins, géant de la bière rhénane

Chez le géant de la bière rhénane Veltins, le choix a déjà été fait. Les excellents résultats du premier trimestre (production en hausse de 10 %) ont permis d’investir 30 millions d’euros pour acheter des cuves de fioul, mais aussi stocker des bouteilles – autre priorité du moment. En effet, pendant la pandémie de Covid-19, les consommateurs n’ont pas pu fréquenter biergarten et restaurants : on a moins bu à la pression. Or, l’industrie du verre subit de plein fouet la flambée du prix du gaz et, à cause d’un manque de main-d’œuvre, peine à retrouver ses niveaux de production d’avant la crise sanitaire. « Il y a des délais de livraison de six mois !, note le porte-parole de Veltins, Ulrich Biene. Nous passons d’une crise à l’autre. Nous espérons ne pas arriver à une situation où nous ne pourrons plus livrer et éviter les rayonnages vides. »

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