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dans un monde en crise, la COP27 confrontée à « un mélange d’ambition et de fatalisme »


Sur la route menant à la zone de conférence de la station balnéaire de Charm El-Cheikh, en Egypte, qui se prépare à accueillir la 27e conférence mondiale sur le climat, le 20 octobre 2022.

C’est un cruel paradoxe. Jamais l’action climatique n’aura été si urgente qu’après cet été de catastrophes en cascade. La crise climatique a frappé toutes les régions du monde, entraînant souffrances, désolation et dégâts, qu’il s’agisse du Pakistan ravagé par les eaux, de la Corne de l’Afrique menacée de famine par la sécheresse, de la Chine confrontée à la pire canicule de son histoire ou de l’Europe qui enregistre son été le plus chaud et le plus sec.

Dans le même temps, jamais le contexte géopolitique n’aura été aussi tendu, reléguant la bataille pour le climat au second plan. Tandis que les crises énergétique, alimentaire, de l’inflation et de la dette mettent sous pression des pays déjà aux prises avec avec les conséquences de la pandémie due au Covid-19, la guerre en Ukraine ébranle le multilatéralisme et favorise le recours aux énergies fossiles, principale cause du réchauffement.

C’est dans ce contexte de multiples soubresauts que se tiendra la 27e conférence des Nations unies sur le climat (COP27), du 6 au 18 novembre, à Charm El-Cheikh, en Egypte. Plus de 40 000 participants de 196 pays – dirigeants, négociateurs et société civile – sont attendus dans la station balnéaire nichée entre le désert de la péninsule du Sinaï et la mer Rouge. Cette COP, présentée par la présidence égyptienne comme celle « de la mise en œuvre », du « passage des promesses aux actes », devra tenter de faire progresser la lutte contre le dérèglement climatique ou, à défaut, éviter qu’elle ne recule.

Une COP de transition

Avinash Persaud, envoyé spécial pour la première ministre de la Barbade, Mia Mottley, résume cet étrange état d’esprit à l’ouverture d’une grand-messe dont les attentes sont à la fois « élevées et faibles ». « Il y a un mélange d’ambition et de fatalisme », relève-t-il. Un chemin d’autant plus difficile à tracer que cette conférence est vue par certains observateurs comme une COP de transition. Un point de passage entre la COP26 de Glasgow (Ecosse), qui s’est tenue l’an dernier et fut la plus importante depuis l’accord de Paris, en 2015, et la COP28, qui aura lieu à Dubaï (Emirats arabes unis) l’an prochain et s’annonce déjà comme cruciale, car l’occasion du premier bilan mondial des efforts climatiques des pays.

« Chaque COP successive représente une opportunité que l’humanité ne peut se permettre de manquer », plaide Sameh Choukry, le président de la COP27 et ministre des affaires étrangères égyptien, dans une lettre adressée aux participants, le 1er novembre. Cette conférence offre « une occasion unique au monde de se rassembler, de réparer le multilatéralisme, de rétablir la confiance et de s’unir au plus haut niveau politique pour faire face au changement climatique », poursuit-il. « Cette crise existentielle doit être de nouveau la priorité fondamentale de l’action politique dans le monde », appelle le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans un entretien au Monde.

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