comment le marathonien Hassan Chahdi s’entraîne dans une pièce surchauffée


Dix mille pas et plus. On se souvient des mondiaux d’athlétisme de Doha (Qatar) en septembre 2019, où vingt-huit participantes au marathon sur soixante-huit avaient dû abandonner. La course avait été organisée en nocturne, mais la température affichait tout de même plus de 30 °C, plus de 40 °C ressentis, et un taux d’humidité à plus de 70 %. Comment se préparer à affronter de telles chaleurs ? Comment appréhender les prochaines épreuves des Jeux olympiques de Tokyo qui doivent se dérouler du 23 juillet au 8 août, s’ils ne sont pas décalés une nouvelle fois à cause du Covid-19 ? Les épreuves de marathon et de marche se dérouleront à Sapporo, sur l’île d’Hokkaido, dans le nord du Japon, où la température devrait être plus clémente, même si de grosses chaleurs sont à craindre. Les experts du Comité international olympique (CIO) viennent de publier des recommandations.

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Ce mardi matin 25 mai, le marathonien français Hassan Chahdi pratique une séance d’acclimatation à la chaleur dans la chambre thermique de l’Institut national du sport (Insep). La température est de 33,8 °C et le taux d’humidité de 70 %. Objectif : reproduire autant que possible les conditions de Sapporo, où l’athlète se rendra le 26 juillet.

Le choc de la première expérience

Avant de démarrer, Hassan Chahdi se pèse, et pèse sa gourde. Un patch avec une compresse lui est appliqué afin de recueillir sa sueur, pour mesurer son débit sudoral (production de sueur par unité de temps) et la concentration de sodium et de potassium. Puis il entre dans la pièce, où une chaleur humide l’assaille. Les athlètes se disent souvent choqués par la première expérience. Lui n’a pas l’air perturbé. Il dit faire plutôt bien face à la chaleur, chaque personne réagissant différemment. Il a d’ailleurs fait une belle performance (il est arrivé 8e à 1 h 5 min 5 s) au semi-marathon qui s’est déroulé à Djibouti début mars, sous une chaleur écrasante.

Franck Brocherie, responsable de l’accompagnement scientifique de la performance au laboratoire de l’Insep, supervise la séance ; contrôle l’urine pour s’assurer de la bonne hydratation ; se préoccupe de l’état de fatigue du coureur ; lui demande, grâce à une échelle, de rapporter sa perception de la chaleur, de ses sensations – et cela toutes les quinze minutes. La fréquence cardiaque d’Hassan Chahdi est vérifiée tout du long.

Une heure plus tard, sourire aux lèvres, le marathonien descend tranquillement du tapis de course. Il a couru à 13,5 kilomètres/heure, avec un pic à 15 kilomètres/heure. « Le but est de s’habituer à la chaleur. On a très chaud les quinze premières minutes, puis on s’adapte, dit-il en souriant. Ces séances permettent de diminuer le stress. » Franck Brocherie conseille un entraînement de 60 à 90 minutes chaque jour, pendant deux semaines environ, de façon passive ou à faible intensité, généralement à 50 % de la vitesse maximale aérobie (VMA), soit la plus petite vitesse à partir de laquelle une personne consomme le maximum d’oxygène. « L’acclimatation reste le gold standard en cas d’épreuve chaude et humide. C’est un outil indispensable », poursuit le chercheur en physiologie de l’exercice.

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