Ouverture de Roland-Garros 2021 : « Une impression de renouveau »


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L’Open de France de tennis a ouvert ses portes au public dimanche à Paris. Avec ses équipements flambant neufs, le site de la porte d’Auteuil dégage une sensation de retour à la normale, et ce malgré les nombreux protocoles sanitaires à respecter. Reportage.

Le monde français du tennis a retrouvé le chemin de son pèlerinage annuel. En cette chaude matinée du dimanche 30 mai, les files s’allongent à la porte d’Auteuil pour pouvoir accéder au saint des saints : l’enceinte de Roland-Garros où se déroule le tournoi parisien du Grand Chelem.

Dans les files d’attente, hôtes et hôtesses s’attachent à faire respecter le protocole sanitaire : masques sur la bouche et le nez, distanciation sociale et gels hydroalcooliques distribués. Le respect de ces consignes est l’une des conditions sine qua non au bon déroulement du tournoi, premier événement sportif en France à accueillir du public en 2021.

Roland-Garros est le premier événement sportif majeur à retrouver du public en France.
Roland-Garros est le premier événement sportif majeur à retrouver du public en France. © Pierre René-Worms, FMM

Covid-19 oblige, ils sont très précisément 5 388 chanceux en cette première journée de tournoi à avoir le droit de prendre place dans les tribunes. Si le déconfinement se poursuit selon le calendrier prévu, ils seront un peu plus de 13 000 à partir du 9 juin.

Au total, pas loin de 120 000 entrées ont été écoulées pour la quinzaine. Beaucoup plus que les 15 000 de 2020, mais loin des quelque 520 000 comptabilisées en 2019 avant la pandémie.

« On espère qu’il y aura de l’ambiance »

Mathieu Laroche et Romain Pourrat, 21 ans, sont deux passionnés de tennis. Ils ont économisé toute l’année pour s’offrir trois jours à rêver dans le plus prestigieux des tournois de tennis français. Sous les chapeaux et derrière les masques, les sourires sont de sortie. Les deux amis sont unanimes : « ‘Roland’, c’est mieux avec du public. »

« Il fait beau. Il y a du monde. On a envie de profiter. Ça fait du bien de revoir du public. On espère qu’il y aura de l’ambiance », se réjouit Mathieu Laroche. « C’est important, l’ambiance. Ça peut tout changer pour les joueurs », renchérit Romain Pourrat.

Le Français Enzo Couacaud est le premier à enflammer la foule sur le court n° 9.
Le Français Enzo Couacaud est le premier à enflammer la foule sur le court n° 9. © Pierre René-Worms, FMM

« On est dans un nouveau monde »

Les deux compères se montrent par ailleurs soufflés par la modernisation des lieux, chantier titanesque commencé en 2011 et dont l’édition 2021 marque la fin. Durant cette décennie de travaux, la surface du site a été portée de 8,5 à près de 12 hectares – une aide précieuse pour le respect de la distanciation sociale en temps de pandémie. Un nouveau court a été inauguré dans le jardin des serres d’Auteuil, le Simonne-Mathieu. Enfin, les aléas de la météo sont désormais atténués avec la possible couverture du court Philippe-Chatrier, le court central de 15 000 places environ, grâce à un toit rétractable opérationnel depuis l’an dernier. Avec ses 10 000 places, le court Suzanne-Lenglen devrait obtenir la même installation en vue des Jeux olympiques de Paris-2024.

« Le nouveau court Philippe Chatrier, il fait très moderne. On a vraiment l’impression d’un renouveau. C’est presque un nouveau site. On est dans un nouveau monde », s’extasie Romain Pourrat.

Les nouveaux aménagements sautent aux yeux des spectateurs. Sous la monumentale entrée numéro 1, une statue de Roland-Garros accueille les visiteurs. Un peu plus loin trône celle de Rafael Nadal, déjà 13 victoires dans la compétition, et qui tentera d’en décrocher une 14e cette année.

Bernard Cordilhac vient depuis près de 30 ans à Roland-Garros. L’an passé, il avait dû renoncer en raison de la pandémie. L’informaticien à la retraite n’est pas particulièrement pressé de rejoindre les matches. Il préfère prendre le temps de découvrir les nouveautés du site.

« Je n’ai pas encore eu le temps de faire le tour mais je trouve déjà la nouvelle entrée et ses deux statues très réussies », note le retraité de 70 ans. « Maintenant, je vais aller voir le nouveau court Simonne-Mathieu dans les serres d’Auteuil. »

Roland-Garros sait conjuguer tradition et modernité. Le tournoi a inauguré un jardin des Mousquetaires, du surnom des quatre tennismen Jean Borotra, Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste, dont les statues ont refait leur apparition sur une esplanade en brique rouge au cœur du site.

Les statues des Mousquetaires ont fait leur retour sur le site de Roland-Garros.
Les statues des Mousquetaires ont fait leur retour sur le site de Roland-Garros. © Pierre René-Worms, FMM

Distance en tribune… ou non ?

Du côté des joueurs, c’est à Naomi Osaka, la 2e mondiale, que revient l’honneur d’inaugurer cette édition 2021 sur le court central. Un match face à Patricia Maria Tig, la 63e mondiale, qui ne déchaîne pas les foules. Les spectateurs applaudissent sagement chaque balle remportée et respectent les sièges de distance entre chaque groupe.

Pour une ambiance plus chaude, c’est du côté des courts annexes qu’il faut regarder, notamment du numéro 9, où le Français Enzo Couacaud, 177e au classement ATP, est au coude-à-coude avec Egor Gerasimov (78e). Sous les hourras des supporters tricolores, il remporte au jeu décisif le premier set, faisant quelque peu sauter la distanciation sociale. Roland-Garros est lancé.

Distanciation sociale limite pour encourager Enzo Couacaud.
Distanciation sociale limite pour encourager Enzo Couacaud. © Pierre René-Worms, FMM

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