les joueuses du PSG, championnes de France, sortent de l’ombre lyonnaise


La milieu allemande Sara Dabritz (d) et ses partenaires du PSG ont gagné le championnat de France pour la première fois, devant l’Olympique lyonnais.

Le suspense était minimal, mais la performance est colossale : le PSG a mis fin à quatorze ans d’hégémonie de l’Olympique lyonnais sur la première division féminine de football, vendredi 4 juin, en remportant le titre après sa victoire contre Dijon (3-0) lors de la 22e et ultime journée.

Ce sacre, le premier de l’histoire du club, arrive après des années de luttes vaines, où les Parisiennes, bien que bousculant les Lyonnaises, n’avaient jamais réussi à les renverser. Cette fois, les joueuses d’Olivier Echouafni n’ont pas trébuché pour gagner sans contestation le trophée grâce à l’avantage pris sur Lyon lors des confrontations directes (victoire 1-0 à l’aller le 30 novembre 2020, match nul 0-0 au retour le 30 mai). « Le déclic a été le match aller au Parc des Princes, quand on les a battues », a estimé l’entraîneur Olivier Echouafni au micro de Canal+ après le match.

« Enfin ! C’est vrai qu’on a eu beaucoup de déceptions ces dernières années mais aujourd’hui c’est à nous. Je suis hyper contente, c’est mérité », a exulté la capitaine parisienne Irene Paredes, sur le même diffuseur. La défenseuse, au club depuis quatre ans, a marqué le deuxième but qui a complètement libéré les Parisiennes.

« On a attendu ce trophée longtemps, c’est très spécial », a également reconnu le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi.

Pour s’assurer du titre de championne, il fallait aux Parisiennes – un point devant les Lyonnaises au coup d’envoi –, assurer la victoire contre Dijon, équipe du milieu de tableau. Cela a été chose faite sans frayeur, à l’image de la saison où le PSG, comme l’OL, a une fois de plus écrasé la concurrence : les joueuses de la capitale ont marqué en moyenne près de quatre buts par rencontre, et en ont encaissé à peine quatre sur les 22 journées. Vendredi, huit minutes leur ont suffi pour prendre l’avantage, avec un penalty de Sara Däbritz. La victoire 8-0 de Lyon contre Fleury dans le même temps n’a rien changé.

Cette saison, les Parisiennes ont gagné en régularité, terminant le championnat invaincues pour la première fois de leur histoire et n’ayant laissé, outre le match nul face à Lyon, que deux autres points en route, contre Bordeaux, troisième du championnat (0-0 au match aller).

« Meilleur fond de jeu »

« Cette année, j’ai trouvé que Paris avait un meilleur fond de jeu que Lyon. Les deux équipes ont de fortes individualités mais la mayonnaise a mieux pris au PSG », estime Nonna Debonne, ancienne Parisienne (2004-2014) désormais adversaire à Issy Paris.

Avec l’arrivée des Qataris à sa tête en 2012, le club de la capitale a d’abord tenté de rattraper son retard par rapport à Lyon avec l’arrivée de nombreuses joueuses étrangères, comme l’Américaine Lindsey Horan en 2012, l’Allemande Anja Mittag et la brésilienne Cristiane en 2015, sa compatriote Formiga en 2017. Mais les équipes constituées ont eu longtemps des difficultés pour rivaliser collectivement avec les Rhodaniennes, dont une forte ossature a grandi en interne.

La donne a changé avec l’émergence de purs produits de la formation parisienne, à l’image des attaquantes internationales Marie-Antoinette Katoto, 21 buts en championnat cette saison ou Kadidiatou Diani, 13 buts, 9 passes décisives, les deux nommées pour la récompense de meilleure joueuse de D1. De quoi enfin franchir le cap de la première place, après huit secondes places depuis 2011.

« Il y a un tel vivier dans la région parisienne que c’est une bonne idée de se recentrer autour », développe Candice Prevost, ancienne joueuse parisienne (2003-2012), désormais responsable des opérations à la Fondation du PSG. Elle espère que ce titre pourra encore un peu plus décomplexer les Parisiennes : « Un championnat, ce n’est vraiment pas anodin, sans vouloir minimiser les victoires en Coupe de France en 2010 et 2018. Ça envoie un message fort. »

Fin de cycle

Sur la scène nationale, la domination est totale puisque les Parisiennes ont aussi éliminé les Lyonnaises en Ligue des champions lors des quarts de finale, alors que les « Fenottes », le surnom des Rhodaniennes, étaient quintuples tenantes du titre. Les deux équipes n’ont pas pu se battre pour la Coupe de France, annulée cette saison en raison de la pandémie de Covid-19.

Lire aussi Ligue des champions féminine de football : Paris renverse Lyon et met fin à sa domination européenne

Pour la première fois depuis 2006, les Lyonnaises concluent donc une saison blanche, la faute en partie aux absences de la Ballon d’Or norvégienne Ada Hegerberg et de la défenseuse Griedge Mbock. Cet échec a coûté son poste à l’entraîneur Jean-Luc Vasseur, remplacé avant la fin de son contrat par l’emblématique fenotte Sonia Bompastor.

La milieu du PSG Sandy Baltimore résiste à la Lyonnaise Wendie Renard, le 30 mai.

Pour les Parisiennes, la saison n’est toutefois pas parfaite puisque l’aventure européenne s’est arrêtée dès le tour suivant contre Barcelone, qui a ensuite remporté la compétition.

Surtout, le PSG arrive désormais en fin de cycle. Plusieurs joueuses clés sont sur le départ, comme la gardienne Christiane Endler (vers Lyon), la défenseuse et capitaine Irene Paredes (Barcelone), les milieux Perle Morroni (Lyon), et Formiga qui pourrait retourner au Brésil. L’entraîneur Olivier Echouafni, au club depuis 2018, a également peut-être vécu son dernier match sur le banc avec les Rouge et Bleu, selon le Parisien.

Le club va donc devoir reconstruire, face à des Lyonnaises revanchardes en France, et alors que la concurrence européenne est de plus en plus relevée. Les Parisiennes ont désormais au moins une certitude : elles peuvent gagner.

Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *