La préfecture des Pyrénées-Atlantiques saisit la justice après le non-respect des règles sanitaires lors du match Biarritz-Bayonne


Des supporteurs de Biarritz Olympique envahissent la pelouse du stade Aguiléra de Biarritz, samedi 12 juin 2021.

C’est dans cette ambiance d’avant-Covid, sans doute la plus chaude de la saison rugbystique en France, que s’est déroulé le 113e derby de l’histoire entre les frères ennemis du Pays basque opposant le Biarritz olympique (le BO) à l’Aviron bayonnais, samedi 12 juin.

Les tribunes du parc des sports d’Aguiléra, à Biarritz, étaient quasiment recouvertes de rouge (la couleur du BO) et de bleu ciel (l’Aviron), dans un respect très relatif des consignes sanitaires.

Le ton avait été donné dès l’arrivée des cars des deux équipes, à l’heure habituelle de la sieste, sous les fumigènes ou les huées. Il est encore monté d’un cran à l’entrée des joueurs sur la pelouse, dans une clameur folle et peut-être entendue, selon la direction du vent, jusqu’aux faubourgs de Bayonne, distante d’à peine 5 kilomètres.

Dans la foulée, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a « condamné fermement » le non-respect des règles sanitaires anti-Covid, les entorses s’étant multipliées, pendant la rencontre, selon la préfecture.

« La jauge du stade Aguiléra de Bayonne, fixée à 5 000 personnes », a été « manifestement dépassée » et la « police nationale a constaté de la vente d’alcool à emporter au sein de l’enceinte sportive ». « De plus, les contrôles du passe sanitaire n’ont pas été systématiquement réalisés par le club à la fin des entrées dans le stade », constate-t-elle.

« Enfin, la fin du match a donné lieu à un envahissement du terrain, qui plus est sans aucun respect des gestes barrières », déplore également le préfet, alors que « lors des réunions préparatoires le club du Biarritz olympique s’était pleinement engagé à respecter la jauge de 5 000 personnes et à ne pas réaliser de la vente d’alcool à emporter ».

Rappelant qu’« il est de la responsabilité des organisateurs d’événements, notamment sportifs, de faire respecter ces règles afin d’éviter une propagation du virus », le préfet « a saisi le procureur de la République de Bayonne et étudie les sanctions administratives susceptibles d’être prises », conclut le communiqué.

Ambiance survoltée

Sur le terrain, ce match a tenu toutes ses promesses en termes d’engagement et de dramaturgie. Mais portés par l’ambiance surchauffée de leur parc des sports d’Aguiléra, les Biarrots, pensionnaires de deuxième division, ont eu les nerfs plus solides pendant la séance de tirs au but, après cent minutes d’un énorme combat (6-6).

Les Biarrots s’étaient préparés cette semaine, avec un entraînement dans le bruit pour se réhabituer à la présence du public. Mais un derby ne s’anticipe pas, il se vit, et la division d’écart entre les deux rivaux basques a été gommée par l’enjeu.

Biarritz retrouvera le Top 14 la saison prochaine, sept ans après l’avoir quitté. Bayonne, son rival et voisin, est relégué, lui, en Pro D2. A l’issue de la rencontre, Lucas Peyresblanques, talonneur de Biarritz, a déclaré : « Le scénario du match est incroyable, indescriptible. (…) C’est un match exceptionnel, avec un enjeu terrible. On ne peut être que fiers de ce qu’on a accompli. » Le demi de mêlée Barnabé Couilloud a ajouté : « On ne réalise pas vraiment ce qu’on a fait. Je ne sais pas combien de temps il faudra. On est très heureux, on a vu des scènes de joie exceptionnelles. Le scénario a été incroyable, la fête est belle, on va essayer de profiter un maximum parce qu’on le mérite, la saison a été très longue. »

Le Monde avec AFP

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