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Egan Bernal découvre la Vuelta pour marquer l’histoire

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Egan Bernal (à droite), avec Richard Carapaz, lors de la présentation des équipes du Tour d’Espagne, à Burgos, jeudi 12 août.

Des 58 novices qui se présentent sur la ligne de départ du Tour d’Espagne, à Burgos, samedi 14 août (jusqu’au 5 septembre), un nom ressort du lot. Egan Bernal, vainqueur du Tour de France 2019 et du Tour d’Italie en mai, s’attaque à la première Vuelta de sa carrière, avec l’ambition d’entrer – déjà – dans l’histoire du cyclisme.

À 24 ans, le Colombien peut devenir, dans trois semaines, le huitième coureur à remporter les trois grands tours, après d’immenses champions : les Français Jacques Anquetil et Bernard Hinault ou le Belge Eddy Merckx, entre autres. « Ce serait un rêve, le plus grand objectif de ma carrière désormais », a admis Egan Bernal.

Il peut aussi entrer dans le cercle très fermé de ceux qui ont réussi le doublé Giro-Vuelta au cours d’une même année : seuls Eddy Merckx, l’Italien Giovanni Battaglin et l’Espagnol Alberto Contador ont réalisé cet exploit.

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Mais si l’enfant de Zipaquirá a largement dominé le Tour d’Italie, avec en plus deux victoires d’étape à la clef, trois mois plus tard, son état de forme interroge. « C’est la première fois que je fais deux grands tours dans la même saison, je ne sais pas comment le corps va réagir », a-t-il prévenu, jeudi en conférence de presse.

Victime du Covid-19 en juin

Depuis le podium du Giro, à Milan, le grimpeur a dû s’isoler à Andorre, son lieu de résidence en Europe, à la suite d’un test positif au Covid-19 survenu quelques jours après sa victoire. « Ce n’est pas la préparation idéale, mais les sensations reviennent petit à petit. J’espère être compétitif pour la Vuelta », a-t-il dit.

Après une rencontre au Vatican avec le Pape François, Egan Bernal est rentré en Colombie. Sur ses terres, outre les célébrations pour le deuxième grand tour figurant à son palmarès, il a profité de l’altitude pour préparer sa fin de saison.

Depuis la fin mai, celui qui est le 7e coureur mondial au classement UCI, n’a que très peu couru, effectuant son retour à la compétition le 31 juillet sur la Clasica San Sebastian (16e). Quelques jours plus tard, il prenait le départ du Tour de Burgos. Cette course d’une semaine n’a pas rassuré sur sa condition. Chutant dès la première étape, Egan Bernal a terminé à la 38e place au classement général, à plus de dix minutes du vainqueur, l’Espagnol Mikel Landa, également présent sur la Vuelta.

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La force d’Egan Bernal réside peut-être dans le collectif impressionnant de son équipe. Ineos-Grenadiers présente une armada au départ du Tour d’Espagne : le vainqueur du Giro 2019 et tout récent champion olympique, Richard Carapaz ; le 4e du Tour de France 2016, Adam Yates ; le jeune grimpeur russe Pavel Sivakov (24 ans) ainsi que la nouvelle pépite Thomas Pidcock qui se testera pour la première fois sur une course de trois semaines.

« Je pense que (Adam) Yates prépare la Vuelta depuis longtemps. Il n’a pas couru le Giro et le Tour et vise cette course. Richard (Carapaz) vient de terminer 3e du Tour puis a fait les Jeux, il sera à un bon niveau et, pour ma part, j’espère bien faire », a cherché à minimiser Egan Bernal à quelques jours du départ.

Une hiérarchie à définir pour Ineos-Grenadiers

Ce « casting » pourrait toutefois constituer un fardeau pour Egan Bernal. Sur la Grande Boucle, l’équipe Ineos-Grenadiers s’était présentée avec les Britanniques Geraint Thomas et Tao Geoghegan Hart, l’Australien Richie Porte et Richard Carapaz. Mais le manque de hiérarchie et l’absence d’un leader clairement défini en amont de l’épreuve ont conduit à un relatif échec pour la formation gérée par Sir Dave Brailsford.

« Ce n’est pas si facile de dire au départ qui est le premier, deuxième ou troisième. Nous sommes trois à viser le général, a d’ailleurs avoué l’Aigle de Zipaquirá. Le principal est que nous ayons une bonne équipe, il s’agira d’être honnête. »

A l’arrivée sur les Champs-Elysées, en juillet, l’Equatorien Richard Carapaz est, certes, monté sur la troisième marche du podium, mais Geraint Thomas et Richie Porte ont déçu. Thomas a souffert d’une luxation de l’épaule à la suite d’une chute dès la première semaine, pour finalement se classer 41e, alors que Porte, qui s’était classé troisième en 2020, n’a pas fait mieux que 38e.

Surtout, l’ex-Team Sky n’a jamais été en mesure de peser sur la course ni d’inquiéter le Slovène Tadej Pogacar. L’équipe a même donné l’impression à plusieurs reprises de courir à l’envers stratégiquement. C’est trop peu pour une écurie qui avait fait main basse sur le Tour de France, comptant sept victoires en huit éditions, entre 2012 et 2019, année de la victoire d’Egan Bernal.

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Au Tour d’Espagne, le Colombien n’aura aucune marge de manœuvre. Il devra principalement se méfier de Primoz Roglic. « Je ne pense pas que ce soit seulement Egan (Bernal) contre (Primoz) Roglic », a-t-il relativisé.

Le Slovène sera particulièrement revanchard après son abandon du Tour, provoqué par une chute. Comme Egan Bernal, Primoz Roglic peut lui aussi écrire l’histoire. En gagnant une troisième Vuelta consécutive, le champion olympique du contre-la-montre rejoindrait Alberto Contador et le Suisse Tony Rominger au classement des victoires, juste derrière l’Espagnol Roberto Heras (quatre victoires).

Ce duel s’achèvera à Saint-Jacques-de-Compostelle, dimanche 5 septembre. Il s’annonce passionnant.

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