«A Paris, je veux retrouver du plaisir»


Trois semaines après sa désillusion olympique à Tokyo, la discobole française veut finir la saison sur une bonne note. À commencer ce samedi par le Meeting organisé à Charléty.

Mélina, qu’avez-vous fait depuis les Jeux olympiques de Tokyo et votre élimination dès les qualifications ?
Mélina Robert-Michon : J’ai coupé une petite semaine pour récupérer et profiter de mes proches. Ensuite, j’ai repris l’entraînement dans le but de bien finir cette saison, sachant que le Meeting de Paris est important pour moi car nous allons enfin retrouver du public. Cela faisait longtemps que j’attendais cela, d’autant plus en France. Cela me tenait à cœur et j’aurais presque l’impression de retrouver une vie normale sur ce meeting.

Quel est votre état d’esprit sur ce Meeting de Paris ?
J’ai envie de voir ce que je suis capable de faire. Je sais que j’étais capable de faire mieux à Tokyo mais cela ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu. Avec mon staff, nous avons déjà commencé à analyser cet échec, pour essayer d’en comprendre les raisons. À Paris, j’ai envie de retrouver du plaisir en lançant. Cela a été une année très compliquée parce qu’il a fallu tout le temps s’adapter. Pour une année olympique, c’était très particulier et le report n’a rien arrangé. Donc vraiment, là, j’ai envie de retrouver du plaisir et d’être moins dans la contrainte comme cela a été le cas tout au long de cette année.

Qu’est-ce qui n’a pas marché à Tokyo ?
Techniquement, il m’a manqué des stages, notamment en janvier et en avril au soleil, qui me permettent de pouvoir lancer dans des conditions très bonnes. Ces stages me permettent aussi de multiplier les jets à haute intensité, ce que je n’ai pas pu faire, aussi bien en raison du Covid que de la météo qui ne m’a pas gâtée. J’ai fait beaucoup de séances dans le filet. J’ai manqué de stabilité et de répétition pour pouvoir être vraiment hyper sereine sur ma technique. Cela s’est ressenti, encore plus aux Jeux où il y a naturellement beaucoup de pression, de tension. Ma préparation n’a pas été suffisante pour que tout soit bien en place à Tokyo. Et il m’a aussi manqué quelques compétitions sans doute.

A quel niveau de performance pensez-vous vous situer à Paris ?
J’espère faire beaucoup mieux qu’à Tokyo, c’est une certitude. Il me faut cette compétition à Paris pour voir où j’en suis. J’aimerais faire une performance à 62-63 mètres, ce qui serait pas mal.

Quel sera votre programme après Paris ?
Le 1er septembre je serai à Bruxelles aussi pour marquer suffisamment de points et être qualifiée pour la finale de la Diamond League à Zurich. Mais ce sera compliqué vu que je n’ai pas pu faire les deux premières compétitions de la saison, donc je pars avec pas mal de points de retard et il faudra que je sois très performante à Paris et Bruxelles pour me qualifier.

Sans vouloir vous pousser vers la retraite, combien d’années pensez-vous encore avoir devant vous ?
Il y a une chose qui me donne envie de continuer au moins pour trois ans, ce sont les Jeux à Paris en 2024. L’occasion de vivre un événement pareil à domicile, c’est exceptionnel pour un athlète dans une carrière. Si les Jeux n’avaient pas lieu à Paris, ma réponse serait sans doute très différente. Mais là, je ne me vois pas ne pas essayer au moins de vivre cette aventure-là. Surtout que les Jeux olympiques ont toujours guidé ma carrière. D’imaginer que tous mes proches puissent être là, en tribunes, pour me soutenir, ce serait formidable. C’est vraiment une motivation importante et c’est une occasion de montrer que l’âge n’est pas rédhibitoire, à partir du moment où l’on travaille sérieusement, qu’on est bien entouré, qu’on prend soin de son corps. C’est un combat supplémentaire que je veux mener.

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