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un Giro plus ouvert que jamais à la concurrence

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L’Equatorien Richard Carapaz après la dernière étape du 102e Tour d’Italie, un contre-la-montre à Verone, le 2 juin 2019.

Le directeur du Tour d’Italie a bien essayé d’aiguiser l’appétit du « cannibale » slovène Tadej Pogacar. « C’est dommage que personne ne semble avoir l’envie de tenter de remporter le doublé Giro-Tour. Si je ne me trompe pas, le dernier était Pantani [en 1998]. Il est donc peut-être temps pour un coureur d’ajouter son nom à ce tableau d’honneur », rappelait Mauro Vegni dans un entretien à La Gazetta dello Sport, fin 2021, titillant le double vainqueur de la Grande Boucle. Sans succès.

N’en déplaise à l’Italien, pas convaincu que « gagner le Tour de France trois ou quatre fois fasse une grande différence », le prodige de la UAE Emirates préfère miser sur la passe de trois en juillet avant d’enchaîner sur le Tour d’Espagne. Son compatriote Primoz Roglic (Jumbo-Visma) et le Colombien Egan Bernal (Ineos-Grenadiers), tenant du titre, ne seront pas non plus du voyage en Hongrie, départ délocalisé de ce 105e Giro. Ces trois-là totalisent sept des neuf derniers grands tours (Giro, Tour de France et Vuelta).

Pas de quoi attrister Paolo Bellino, l’administrateur général de RCS Sport, société gestionnaire de l’épreuve, qui débute le 6 mai. « Avoir les meilleurs, c’est important, concède le Turinois. Mais c’est bien aussi d’avoir l’opportunité de voir de nouveaux visages émerger, d’assister à une vraie bataille pour les étapes et le général. »

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Lui s’enorgueillit que sa course soit réputée plus imprévisible que ses homologues française et espagnole. Quand Tadej Pogacar ravit deux Grandes Boucles de rang (2020, 2021), que Primoz Roglic lève par trois fois les bras sur la Vuelta (2019, 2020, 2021), le dernier à avoir réalisé le doublé sur les routes transalpines s’appelle Miguel Indurain et la performance de l’Espagnol remonte à 1992 et 1993.

« Rien n’est jamais écrit à l’avance. C’est aussi ça la beauté de notre course », insiste M. Bellino. Qui cite le cru 2020, décalé à octobre à cause de la pandémie de Covid-19 et marqué par l’absence de nombreux favoris. La chance d’une vie pour Tao Geoghegan Hart. Dans la même seconde que Jai Hindley le dernier jour, le Britannique avait profité d’un contre-la-montre dans les rues de Milan pour piquer le maillot rose et la victoire finale à l’Australien.

« Carapaz sort un peu du lot pour le général »

« Il va y avoir un peu d’incertitude au départ, mais la course devient très vite difficile », souligne Hubert Dupont, ancien coureur d’AG2R-La Mondiale, douze Giro à son compteur. L’ascension de l’Etna (Sicile), le 10 mai, devrait permettre de creuser les premiers écarts, avant d’assister, quelques jours plus tard, à l’arrivée au sommet du redoutable Blockhaus lors de la 9e étape. « On va rapidement voir les états de forme des différents coureurs », résume le Lyonnais.

En l’absence des deux épouvantails slovènes et d’un Egan Bernal de retour de blessure, plusieurs noms reviennent dans la liste des prétendants au sacre final. Ceux du Portugais Joao Almeida (UAE), auteur de trois top 10 dans des courses par étapes en 2022, ou du Britannique Simon Yates (Bike Exchange), dauphin de Primoz Roglic sur Paris-Nice en mars. Mais à parier, Hubert Dupont préfère mettre « une piécette » sur Richard Carapaz, le coureur protégé chez Ineos. « Il sort un peu du lot pour le général. Il a de grosses qualités, on l’a vu par le passé, et il a l’avantage de savoir où il met les roues. »

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Victorieux du Giro en 2019, l’Equatorien a aussi terminé deuxième de la Vuelta l’année suivante, avant de compléter sa collection par une troisième place du Tour de France en 2021. Son équipe (l’ancienne Sky) a remporté trois des quatre dernières éditions de l’épreuve, et Carapaz sera très bien entouré avec des équipiers de luxe comme Richie Porte et Pavel Sivakov.

Mathieu van der Poel présent

Les Français, eux, arrivent aussi avec quelques ambitions. Derrière Richard Carapaz et Simon Yates, Romain Bardet est le coureur au départ avec le plus de références sur les courses de trois semaines. Sa victoire sur le Tour des Alpes, en avril, l’autorise à viser plus haut que sa septième place pour sa première au Giro en 2021. Guillaume Martin (Cofidis), huitième du dernier Tour de France, a aussi une carte à jouer. Le Tour d’Italie – qu’il découvre – peut correspondre à ses qualités et « il a lieu à un moment de l’année où je suis souvent en forme », avançait-il à l’Agence France-Presse début janvier.

Plus que l’absence d’un favori incontesté au départ, c’est peut-être la présence de Mathieu van der Poel (Alpecin-Fenix) qui risque apporter le plus d’incertitudes. Après un début de saison perturbé par des douleurs dorsales, « VDP » a retrouvé des couleurs avec une deuxième victoire sur le Tour des Flandres.

Personne ne l’imagine en rose à Vérone le 29 mai, mais « il fait partie de ceux qui vont casser les codes, qui vont façonner la course », prédit Hubert Dupont. L’été dernier, pour ses débuts au Tour de France, le petit-fils de Raymond Poulidor avait fait vibrer le public par son panache et participé à épuiser une partie du peloton par ses attaques imprévisibles.

A l’époque, le prodige néerlandais avait planifié son abandon (dès la 9e étape) pour préparer les Jeux olympiques en VTT. Cette fois, il entend bienvoir le bout de ce Giro. « Je n’ai pas encore bouclé un grand Tour, glissait-il, mi-avril, au site Wielerflits. Tout le monde me dit qu’on ressort plus fort d’un grand Tour, je suis curieux de voir ça ! » Il n’est pas le seul.

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