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Holger Rune, l’autre pépite dans l’ombre de Carlos Alcaraz

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Samedi 28 mai, sur le court Philippe-Chatrier, le Danois Holger Rune n’est pas tombé dans le piège d’Hugo Gaston, au troisième tour de Roland-Garros.

A l’ombre de Carlos Alcaraz, attraction de la saison et de Roland-Garros, éclôt un autre crack de la génération 2003, version nordique et houppette blonde. Même péché mignon pour les amortis que l’Espagnol, qu’il a déjà affronté une dizaine de fois chez les juniors, même parachute ascensionnel : 475e début 2021, le Danois Holger Rune pointe désormais au 40e rang, après quatorze mois sur le circuit principal.

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Quand le Murcien (6e mondial) a frôlé la sortie prématurée sur la brique pilée parisienne, sauvant une balle de match au deuxième tour, lui n’a pas encore lâché le moindre set, avant d’affronter lundi 30 mai le Grec Stefanos Tsitsipas en huitièmes de finale. Après avoir éliminé le Canadien Denis Shapovalov, tête de série numéro 14, il a facilement dominé Henri Laaksonen (6-2, 6-3, 6-3). Seule petite frayeur face au Suisse : le Scandinave s’est pris le pied dans la bâche en fond de court et, pour ménager sa cheville, a jugé plus sage de se retirer du double.

Samedi 28 août dans la soirée, le dernier rescapé du clan français, Hugo Gaston, a subi le même sort (6-3, 6-3, 6-3), malgré le soutien des 15 000 spectateurs du court Central balayé par les rafales. « Rune frappe très fort, il est très solide du fond de court et fait peu de fautes. J’aurais aimé le mettre plus sous pression », a regretté le gaucher toulousain, réduit à faire l’essuie-glace. Bouille ronde et casquette à l’envers, son adversaire n’a jamais paru timoré pour son baptême sur l’immense court Philippe-Chatrier. Ni le moins du monde contrarié par un public qui renoue cette année avec son naturel sonore et chauvin, après deux éditions bousculées par la pandémie de Covid-19, entre huis clos et jauges restrictives.

« Je me sens presque à la maison »

Plus serein, plus puissant, plus agressif aussi, le droitier a déroulé son jeu, fortifié par la confiance engrangée ces derniers mois. « J’ai confiance en mon jeu, dit-il, tout en se montrant lucide. Je crois que je suis capable de battre n’importe qui, mais aussi de perdre contre n’importe qui. »

Trois semaines avant ses débuts dans le grand tableau porte d’Auteuil, il a soulevé son premier trophée sur le circuit principal – une première pour un Danois depuis Kenneth Carlsen en 2005. A Munich, où il a soufflé ses 19 bougies, il n’a pas concédé un set en cinq matchs disputés, avec une victoire au passage face à l’Allemand Alexander Zverev (numéro 3 mondial).

Le jeune homme s’est vu offrir en Bavière un bolide de luxe, traditionnel cadeau remis au vainqueur. Seul hic : il n’a pas pu repartir avec. « Je n’ai pas le permis de conduire. Dès que j’aurai du temps devant moi, je le passerai et j’irai récupérer [la voiture] », disait-il en souriant après sa victoire au premier tour à Paris, mardi 24 mai.

Le grand blond (1,88 m), né à Gentofte, dans l’est de l’île de Seeland, est un mordu de terre battue. En 2019, il est devenu le premier représentant de son pays à s’imposer dans le Grand Chelem parisien chez les juniors. « J’aime les conditions, je me sens presque à la maison en jouant ici », disait, cette semaine, Rune, accueilli à ses 13 ans dans l’académie de Patrick Mouratoglou – coach de l’Américaine Serena Williams et désormais de la Roumaine Simona Halep.

Le Danois a le même entraîneur à ses côtés depuis ses 6 ans et demi. « Le temps d’une semaine, il était Rafa, avec le bandeau et tout l’équipement. Il voulait être comme lui. La semaine suivante, il devenait Federer et s’y consacrait entièrement. Il adorait le jeu, racontait Lars Christensen à l’ATP en décembre 2021. Il était techniquement meilleur que la plupart des joueurs. Mais il ne se déplaçait pas assez bien, j’ai décidé de mettre l’accent sur son physique et sa mobilité », décrivant un gamin à l’époque « paresseux » dans ces registres.

Tout cela est de l’histoire ancienne. Au début du printemps, son poulain a marqué les esprits en réussissant un petit exploit : gagner deux matchs le même jour… dans deux pays différents. Le 10 avril en début d’après-midi, Rune s’imposait dans un tournoi Challenger (la deuxième division du circuit) à San Remo (Italie), avant d’enchaîner, quelques heures plus tard, avec les qualifications de Monte-Carlo. Un trajet d’une heure et dix minutes en voiture, jusqu’à la commune française de Roquebrune-Cap-Martin, à environ 200 mètres de la frontière monégasque. Avec un peu de chance, la prochaine fois, il pourra lui-même prendre le volant.

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