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au bout de la nuit, Rafael Nadal terrasse Novak Djokovic et prolonge l’aventure

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La joie de Rafael Nadal après sa victoire contre Novak Djokovic, en quarts de finale de Roland-Garros, le 1er juin 2022.

Ils sont entrés sur le court en mai, ils l’ont quitté en juin. Et à la fin, comme souvent à Roland-Garros, c’est Rafael Nadal qui lève les bras au ciel. Au terme d’une partie haletante, le joueur espagnol a battu, dans la nuit de mardi 31 mai à mercredi 1er juin, son rival Novak Djokovic en quarts de finale du tournoi parisien (6-2, 4-6, 6-2, 7-6 [7-4]). Possible dernière danse entre deux géants du tennis, leur 59e affrontement sur le circuit s’est prolongé jusqu’au cœur de la nuit – la session de soirée s’achevant après 4 h 12 de jeu.

Revivre la rencontre : Rafael Nadal écarte Novak Djokovic au bout de la nuit et se hisse en demi-finales

« Pour être honnête, à chaque match que je dispute, j’ignore si ce sera mon dernier ici, à Roland-Garros, et dans ma carrière », avertissait Rafael Nadal avant la rencontre. Le Majorquin a débuté la partie comme s’il voulait filer sur orbite. Oubliés l’inéluctable blessure au pied le faisant « vivre avec la douleur » au quotidien depuis des années et ce corps aux bientôt trente-six printemps. Même s’il abhorre les sessions de soirée, le joueur veut vivre toujours des soirées parisiennes. Devant son clan au complet, signe qu’eux aussi sentent la ligne d’arrivée se rapprocher, l’Espagnol a repoussé l’inexorable.

Vieux couple se connaissant par cœur, Nadal et Djokovic parviennent encore à se surprendre, après 58 rencontres de par le monde. Dans cette rivalité sans pareille, la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. On pensait Nadal fatigué par son long affrontement avec le Canadien Félix Auger-Aliassime au tour précédent ? Il attaque sans se ménager, semblant chercher le KO d’entrée. Face à Novak Djokovic, l’un des rares à avoir trouvé la clé pour le vaincre sur sa surface fétiche, Rafael Nadal sait que toute imprécision, toute hésitation sera exploitée à l’envi. Alors, retrouvant ses coups d’antan, à la profondeur redoutable et revenant inexorablement, le joueur espagnol a pris les commandes des échanges. En 2020, cette stratégie avait payé, et le Majorquin avait corrigé son rival en finale du tournoi parisien. En 2021, elle n’avait pas suffi : en dépit d’un premier set empoché, Nadal avait cédé sa couronne à Djokovic.

Un public à l’unisson derrière « Rafa »

Ce 59e affrontement au sommet sera-t-il le dernier ? Il en avait le fumet. La foule vespérale parisienne ne s’y est pas trompée, gardant le poste en tribune. Si Nadal n’a pas toujours été épargné au cours des ans par le public de Roland-Garros, qui lui préférait l’esthétisme de Roger Federer ou simplement un outsider, le temps fait son office. Et à l’heure où le Majorquin glisse à longueur de conférence de presse qu’il pourrait s’agir de sa dernière danse à Roland-Garros, Paris préfère le vertige au silence. Et a poussé le « roi de la terre battue » à étendre son règne jusqu’au bout de la nuit.

Une nouvelle fois réduit au rôle de l’autre, l’adversaire du héros, l’empêcheur de célébrer en rond, Novak Djokovic ne s’est pas démonté. Le tenant du titre a fini par s’épanouir dans ce rôle de mal-aimé, lui qui a tant souffert de ne récolter que les miettes d’amour et de reconnaissance laissées par Federer et Nadal.

Lire aussi (en 2021) : Article réservé à nos abonnés Novak Djokovic ou la perpétuelle quête de gloire

Revanchard, après une entrée à contretemps face à un adversaire ayant retrouvé sa précision de géomètre de la terre battue, le numéro un mondial n’a pas baissé les bras. « Je n’ai pas bien commencé, mais en revenant à une manche partout, je me suis dit que j’étais de retour », a exposé le Serbe après la rencontre. A son tour, après avoir mal commencé le deuxième set, Djokovic a pris les commandes d’une partie tout en contretemps, où les deux danseurs n’ont jamais été en cadence. Entravé dans sa quête de grandeur à l’Open d’Australie par les règles sanitaires du pays – et son choix de ne pas se faire vacciner contre le Covid-19 –, le Serbe n’entendait pas céder son titre sans combattre.

« Allez Rafa, le plus opiniâtre, c’est toi », a clamé un spectateur au lancement du troisième set. Référence à la citation de Roland Garros gravée depuis cette année au frontispice du temple du tennis qu’est le court Philippe-Chatrier, « La victoire appartient au plus opiniâtre ». En la matière, le « taureau de Manacor » serait même presque obstiné.

Ancré dans ses certitudes et cette terre battue devenue son royaume, Rafael Nadal vit l’instant. Si d’aventure il remportait un quatorzième titre porte d’Auteuil dimanche, l’Espagnol pourrait graver « No tomorrow » sur l’ocre du court central, tant sa trajectoire tient du « coûte que coûte ». « J’avais dit [lors du tournoi de] Rome que j’allais avoir mon médecin avec moi ici. Et qu’avoir mon médecin ici permet de faire des choses qui me soulagent », a soufflé l’homme aux vingt et un trophées du Grand Chelem, promettant d’élaborer « quand [son] tournoi sera terminé ».

« Je ne sais pas ce qui va se passer ensuite »

Handicapé depuis des années par une nécrose de l’os scaphoïde – le syndrome de Muller-Weiss – du pied gauche, qui ne lui laisse guère de répit, Nadal ne dissimule pas que les traitements qu’il reçoit pourraient accélérer sa fin de carrière. « Je donne tout ce que j’ai pour essayer de jouer ce tournoi dans les meilleures conditions possibles. Je ne sais pas ce qui peut se passer ensuite, résume-t-il. Mais ici, je pense que ça va aller. »

De son côté, Novak Djokovic n’a « pas été du tout surpris » par l’énième renaissance de son rival. « Ce n’est pas la première fois qu’il se montre capable de revenir à 100 %, et prêt physiquement, quelques jours après avoir été blessé et pouvant à peine marcher, a constaté le numéro un mondial. Il l’a fait maintes fois dans sa carrière. »

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Serbe a eu l’opportunité d’égaliser à deux manches partout, mais n’a pas su concrétiser. A l’inverse, à l’issue d’un jeu décisif à sens unique, son adversaire espagnol s’est adjugé la rencontre sans trembler.

« Il a réussi à jouer son meilleur tennis aux moments clés, il mérite cette victoire, sans aucun doute », a reconnu Djokovic. Si dans leur mano à mano, le numéro un mondial mène encore, 30 victoires à 29, ce n’est pas dans son jardin de Roland-Garros qu’il rattrapera son rival au nombre de tournois du Grand Chelem remportés. A deux marches d’un nouveau sacre, et après sa démonstration en quarts, Rafael Nadal sera favori de la demi-finale face à l’Allemand Alexander Zverev (numéro trois mondial), vendredi, et d’une éventuelle finale.

« C’était une nuit très intense. C’est pour ces moments que je joue encore », a souri le vainqueur. Si la rencontre avait des odeurs de finale, en raison de la « grande histoire en commun » liant Nadal et Djokovic, celui qui fêtera ses 36 ans vendredi, jour de la demi-finale, ne se croit pas arrivé. « Ce n’est qu’un quart de finale, je n’ai rien gagné », insiste Nadal, pour qui « l’objectif principal est de maintenir le niveau auquel j’ai joué aujourd’hui ».

Il y a un je-ne-sais-quoi de rassérénant à entendre les râles de Rafael Nadal cadencer les échanges. A Roland-Garros, où ils bercent le public depuis 2005, ils ont le parfum rassurant d’une madeleine. Le jour où le Majorquin remisera sa raquette, ses cris hanteront le court central, souvenirs de ses années de gloire. Si ce jour se rapproche, le Majorquin laissant entendre que cette année pourrait sonner le glas de son passage porte d’Auteuil, Nadal a encore une fois repoussé l’échéance. « Je me suis simplement donné l’opportunité de revenir sur ce court dans deux jours », a savouré le joueur, qui n’a pas lésiné sur ses « merci, merci, merci » (en français dans le texte) au public à la fin du match.

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