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Les JO de 2024, un grand pari risqué pour Anne Hidalgo

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Analyse. A chacun ses priorités. Pour Anne Hidalgo, les Jeux olympiques (JO) passent désormais avant toute chose. Même avant le Conseil de Paris, ces trois ou quatre jours cruciaux où, tous les mois et demi, les élus tranchent les grands et les petits dossiers qui agitent la capitale. Lors de la dernière réunion du Conseil, début juin, la maire socialiste s’est absentée toute une journée pour participer, à Madrid, à une réunion des instances olympiques sur le sort des athlètes réfugiés. C’était la première fois depuis vingt-sept ans que le premier magistrat de Paris ne présidait pas la très sensible séance des questions d’actualité. En pareille circonstance, d’autres auraient dépêché à Madrid leur adjoint au sport. Anne Hidalgo, elle, a tenu à se rendre en personne en Espagne, quitte à être accusée par la droite de déserter Paris.

Le message est limpide. Depuis sa réélection, en juin 2020, Anne Hidalgo s’était concentrée sur le Covid-19, puis sur sa campagne présidentielle. Pour la suite de son mandat, elle mise avant tout sur les Jeux olympiques et paralympiques de l’été 2024. Un événement sportif et commercial qu’elle avait d’abord refusé, avant de se battre pour qu’il se déroule à Paris, et qu’elle conçoit dorénavant comme le sommet de son deuxième mandat. La trace qu’elle laissera dans l’histoire, peut-être.

Si les Jeux constituent le succès attendu, Anne Hidalgo peut en espérer un bénéfice politique important. Comme Boris Johnson, qui avait surfé sur la vague olympique de 2012 dans sa ville de Londres et est devenu le politicien le plus populaire de Grande-Bretagne, avant de se retrouver premier ministre, sept ans plus tard. De quoi allumer une lumière au bout du tunnel où tâtonne Anne Hidalgo depuis son fiasco présidentiel : seuls 1,7 % des électeurs français lui ont fait confiance au premier tour, à peine 2,2 % des électeurs parisiens. Son image dans l’opinion est tombée dans des tréfonds inédits.

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Les Jeux avant tout ? Malgré l’exemple britannique, la stratégie adoptée par la maire de Paris paraît audacieuse. Le risque le plus évident est qu’un problème de sécurité ne ternisse ces jeux tant désirés, à l’image des scènes de chaos autour du Stade de France qui, le 28 mai, ont transformé la finale de la Ligue des champions de football en échec retentissant. Compte tenu de ce précédent, la France est-elle en mesure d’assurer la sécurité des futurs JO, le plus grand événement jamais organisé dans le pays ? Rien d’assuré, surtout avec la cérémonie d’ouverture hors norme prévue non pas dans un stade fermé mais sur la Seine et alentour, le long d’un parcours de 6 kilomètres. L’objectif est d’accueillir, ce jour-là, « dix fois plus de public que d’habitude ». La mairie de Paris a peu de prise sur les questions de sécurité, un domaine où l’Etat est en première ligne. Toute défaillance peut néanmoins souiller son blason.

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