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Pour les solitaires, le Vendée Globe passe par le Nord

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La première des cinq courses de qualification pour le tour du monde part des Sables d’Olonne ce dimanche.

Créée à la hâte – et avec succès – en pleine crise du Covid-19 pour compenser les annulations de The Transat et de la New York-Vendée, courses qualificatives au dernier Vendée Globe, la Vendée Arctique-Les Sables d’Olonne s’installe dans le paysage de la course au large. 25 skippers prendront ainsi le départ de la 2e édition ce dimanche (17h) en direction de l’Islande pour un passage inédit aux frontières du cercle polaire. L’épreuve figure parmi les cinq courses qualificatives pour le prochain tour du monde en solitaire prévu en 2024, avec la Route du Rhum (novembre 2022), la course retour de la Transat Jacques Vabre (novembre 2023), The Transat CIC et New York-Vendée-Les Sables (2024).

L’avis de course du prochain Vendée Globe stipule que prendre le départ de deux de ces courses et en terminer au moins une (avec un temps inférieur ou égal à 50% de celui du vainqueur) suffisent pour se qualifier. Mais dans les faits, cocher cette seule case ne suffira sans doute pas pour être sur la ligne de départ le 10 novembre 2024. Car avec plus de candidats que de places disponibles (40, plus une wild card), le nombre de milles engrangés par les skippers sur les courses de l’Imoca (12 en tout) entrera en compte pour les départager. Avec son parcours copieux (3 .500 milles, soit l’équivalent d’une Route du rhum, entre 10 et 12 jours de navigation prévus), la Vendée Arctique est un premier rendez-vous d’envergure même s’il n’y a pas encore véritablement urgence.

Le parcours de la Vendée Arctique SAEM Vendée

«Mon but est de boucler ce parcours pour valider des milles de qualification, reconnaît le Normand Louis Duc (Fives – Lantana Environnement) qui vise une première participation au Vendée Globe en 2024. Mais ce qui m’intéresse, c’est de comparer les performances des (autres) bateaux (à dérives) avec les miennes pour voir si on peut encore améliorer des choses et définir les axes de travail pour la prochaine saison.» Pour les candidats au podium dans le prochain tour du monde, le compteur est aussi important, sans devenir une obsession pour autant. «Il y aura d’autres courses qualificatives, je pars avant tout avec l’objectif d’être le plus performant possible», confie Alan Roura, désormais skipper de l’ancien bateau très convoité d’Alex Thomson (Hugo Boss devenu Hublot). Un foiler extrême qu’il apprend encore à maîtriser. «Comme les périodes d’entraînements ont été courtes depuis la remise à l’eau du bateau, cette grande boucle autour de l’Islande va m’apporter beaucoup en termes d’expérience à bord. Sans oublier que j’ai aussi là une première occasion de me qualifier au Vendée Globe», explique le Suisse.

3e du dernier Vendée Globe, Louis Burton est dans la même situation à la barre de Bureau Vallée 3 (ex-L’Occitane en Provence). «L’objectif c’est de travailler encore sur la fiabilité du bateau. Le parcours est complet et cela va permettre de tout tester à toutes les allures, sans rien casser. Evidemment, je vais viser la tête de flotte, en gardant comme objectif que c’est une course qui compte pour la sélection au Vendée Globe», plante le Malouin.

Chez les favoris à la victoire que sont Charlie Dalin (Apivia), Thomas Ruyant (LinkedOut) ou Jérémie Beyou (Charal), l’enjeu des milles à engranger passe encore davantage au second plan. Car sauf contretemps, ils feront partie des 13 premiers skippers à prendre le départ d’une course qualificative à la barre d’un bateau neuf, ce qui les dispensera de la course aux milles. Charal 2 (Beyou) sera mis à l’eau le 30 juin prochain tandis que les nouveaux Apivia (Dalin) et Advens 2 (Ruyant) sont prévus pour début 2023. Briller – et gagner – sur des montures qu’ils connaissent désormais par cœur est leur seul objectif. «J’aimerais finir l’histoire de la meilleure des manières avant de m’en séparer», explique Beyou à propos de Charal 1 avec lequel il avait remporté la première édition il y a deux ans.

«On s’attend à des moments bien plus engagés (qu’en 2020), prévient le triple vainqueur de la Solitaire du Figaro. Il va y avoir beaucoup de transitions, beaucoup de changements d’allures, de configurations différentes de voiles. Les pièges seront nombreux, notamment en longeant les côtes anglaises, irlandaises puis autour de l’Islande. Il faudra veiller aux zones de glaces et au trafic des pêcheurs». Dès le début de course, les concurrents feront face à un premier obstacle, une dorsale anticyclonique qui s’étend des Açores à l’Irlande. «Ce sera probablement dans la deuxième nuit, ce ne sera pas un moment facile car on pourra difficilement dormir», prévient Isabelle Joschke (MACSF).

«Sur le grand morceau de bravoure qui mène à l’Islande, il y a un couloir où passent les dépressions qui viennent de Terre-Neuve et des États-Unis, présente le directeur de course Francis Le Goff. Elles sont repoussées vers le nord et circulent vers l’ouest ou l’est de l’Islande. Il faudra croiser ces couloirs de dépression, et pour cela, choisir le meilleur moment pour traverser. La complexité vient du fait qu’elles se déplacent assez vite, ce qui requiert beaucoup de vigilance. Ce sera très sympa pour les suiveurs de la course ; c’est la promesse de beaucoup de travail à bord, avec des manœuvres régulières, des changements de voile et beaucoup de travail de navigation».

«Au-delà du Vendée Globe, qui est hors catégorie, cette course avec les conditions extrêmes attendues et son gros parcours côtier le long des côtes islandaises, est potentiellement la plus dure du circuit IMOCA en Atlantique Nord», estime de son côté Charlie Dalin.

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www.lefigaro.fr

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