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A deux ans des JO de Paris, la pénurie de stadiers fait craindre « une catastrophe »

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Avec la police, un stadier tente de réguler l’entrée des supporteurs britanniques au Stade de France, à Saint-Denis, le 28 mai, lors de la finale de la Ligue des champions opposant Liverpool et le Real de Madrid.

Les images de stadiers débordés par des resquilleurs escaladant les grilles du Stade de France, le 28 mai, lors de la finale de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid, ont fait le tour du monde. Le lendemain, au stade Geoffroy-Guichard, des stadiers ont de nouveau été débordés, cette fois-ci par des ultras de Saint-Etienne qui ont envahi la pelouse, certains allant jusqu’à lancer des fumigènes en tir tendu vers les tribunes.

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Tout au long de la saison de Ligue 1, la multiplication des incidents dans les stades a mis en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés ceux qu’on appelle improprement « stewards » ou « stadiers ». Les personnes en tenue fluo qui effectuent des palpations à l’entrée des enceintes sportives, contrôlent les billets, surveillent les accès et encadrent les foules sont en réalité des agents de sécurité qui effectuent des missions ponctuelles dans des stades.

« En trente ans, le métier s’est professionnalisé. Ce ne sont plus des étudiants qui font ça pour payer leurs études. Pour exercer cette activité, il faut être titulaire de la carte professionnelle d’agent de sécurité privée », précise Stéphane Boudon, président du SNEPS-CFTC, le principal syndicat de la profession. Cette carte professionnelle est délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), qui dépend du ministère de l’intérieur. Renouvelable tous les cinq ans, elle est obtenue après cent soixante-quinze heures de formation.

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« On va vers une catastrophe »

Les conditions de son obtention ont été durcies ces dernières années : outre un casier judiciaire vierge, il faut désormais être présent depuis au moins cinq ans sur le territoire français et maîtriser la langue française pour postuler. « On marche sur la tête : on durcit l’accès à ce métier alors que les sociétés de sécurité n’arrivent déjà pas à recruter », lâche M. Boudon. « Il manque actuellement entre 10 000 et 20 000 stadiers en France. Nous sommes parfois obligés de les faire venir de Montpellier ou de Grenoble. On va vers une catastrophe si les choses ne bougent pas », renchérit Xavier Pierrot, directeur général adjoint chargé du Groupama Stadium, à Lyon.

Environ 300 000 personnes sont titulaires de la carte professionnelle d’agent de sécurité, mais le nombre de stadiers est impossible à estimer, car il s’agit d’une activité d’appoint pour des personnes travaillant dans d’autres branches plus pérennes de la sécurité privée, comme la sécurité incendie.

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Au début de la pandémie de Covid-19, qui a provoqué l’annulation de nombreux matchs, beaucoup se sont reconvertis dans d’autres métiers et manquent à l’appel. La situation est d’autant plus tendue que ceux qui sont restés dans la sécurité préfèrent gagner davantage en travaillant sur des concerts.

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