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comment le coach Sacha Obradovic a porté Monaco au sommet du basket français

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Sacha Obradovic a mené les joueurs de la Roca Team, battus par l’Olympiakos, aux portes du Final Four de l’Euroligue. Au Pirée, à Athènes, le 20 avril 2022.

Qualifié en playoffs de l’Euroligue – ce qu’aucun club du championnat de France de basket n’avait réalisé depuis 2001 – et finaliste de Pro A (Betclic Elite) : la saison de Monaco est déjà quasiment réussie. « Elle doit être conclue par un titre pour qu’elle soit aboutie », tempère Léo Westermann, le capitaine de la Roca Team (le surnom de l’équipe).

Pour cela, les Monégasques devront écarter les doubles tenants du titre, l’Asvel Lyon-Villeurbanne (2019 et 2021, la saison 2020 ayant été interrompue par le Covid-19), dans une série au meilleur des cinq matchs qui commence mercredi 15 juin (à 20 h 30). Ils ont atteint la finale en éliminant Strasbourg en quarts de finale et Pau-Orthez en demi-finales.

L’AS Monaco avait pourtant bien mal commencé sa saison. Début décembre 2021, voir les Monégasques défier l’Olympiakos (défaite 94-88 au match décisif) les yeux dans les yeux pour un ticket au Final Four de l’Euroligue paraissait irréalisable. « Si on nous avait dit ça fin 2021, on aurait tout de suite signé », en convient le meneur de jeu Léo Westermann. « C’était inespéré, car le début de saison a été très chaotique avec une somme d’individualités et des conflits », précise Ali Traoré, finaliste en 2018 de la Ligue des champions (C3) et de la Pro A avec le club, et désormais consultant pour la chaîne Monaco Info.

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Budget doublé, masse salariale triplée

Mi-décembre, le bilan en Euroligue (5 victoires et 9 défaites, dont cinq de suite) n’est pas à la hauteur des investissements consentis. Le club de la Principauté a quasiment doublé son budget (14,1 millions d’euros contre 7,5 millions la saison précédente) et triplé sa masse salariale (6,7 millions d’euros contre 2,6 millions) avec notamment l’arrivée de l’un des meilleurs joueurs d’Europe, le meneur américain Mike James.

Artisan de la montée en Pro A en 2015 et du titre en Eurocoupe (C2) en 2021, le Monténégrin Zvezdan Mitrovic est alors renvoyé le 13 décembre. Remplacé par le Serbe Sacha Obradovic, bien connu de la salle Gaston-Médecin puisqu’il y avait déjà officié entre février 2019 et 2020.

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Ancien meneur éphémère du CSP Limoges après leur titre de champion d’Europe en 1993, Sacha Obradovic est intimement lié au vice-président et au manager général de Monaco, les Ukrainiens Sergeï Diadetchko et Oleksiy Yefimov. Il les a rencontrés respectivement à Donetsk (2010-2012) et à Kiev (2008-2009) pendant ses premières années d’entraîneur.

« Monaco a changé de visage avec l’arrivée de Sacha Obradovic », analyse Christophe Denis, ancien coach de Paris-Levallois, Rouen et Bourg-en-Bresse, et désormais consultant pour La chaîne L’Equipe.

Avec son exigence, sa rigueur et sa discipline, il remet l’équipe sur de bons rails. « Il a mis de l’ordre dans le vestiaire et essayé de lui donner une identité en distribuant des rôles à chaque joueur, se souvient l’international français Léo Westermann (28 sélections). Il l’a très bien fait. On a beaucoup de caractères, des ego forts. On était sur le fil du rasoir. »

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« Lors des premiers matchs, je leur ai surtout parlé de leur comportement, de leurs réactions, frustrations, de comment jouer ensemble, tendre la main à l’autre quand il est à terre, expliquait Sacha Obradovic dans L’Equipe, le 13 janvier 2021. Le plus important était de retrouver une meilleure ambiance dans le vestiaire. Il y avait trop d’ego, de joueurs fonctionnant individuellement. » « L’approche de Sacha, comment il gère l’équipe, les choses qu’il a changées ont sauvé notre saison, poursuivait Mike James. La manière dont on jouait, dont beaucoup étaient utilisés, l’atmosphère en général, n’étaient pas bonnes. »

L’Américain Mike James replacé au centre du projet

Le meneur américain était la clé de la réussite de l’exercice monégasque. L’un des meilleurs joueurs du continent est arrivé à l’été 2021 après une pige en NBA chez les Nets de Brooklyn. Mais au-delà de son talent indéniable, Mike James est un joueur au caractère parfois ingérable, à l’image de ses dernières saisons conflictuelles avec ses coachs à Milan ou au CSKA Moscou. Sur le rocher, Sacha Obradovic lui a redonné le rôle principal.

« C’est un joueur qu’il faut savoir prendre avec des pincettes, il faut lui donner de l’importance, lui caresser un peu l’ego, pointe Ali Traoré. Il a besoin d’être au centre du projet. » Restait ensuite à faire accepter cette nouvelle hiérarchie au reste de l’équipe, qui compte de nombreux talents : Dwayne Bacon, Will Thomas, Donatas Motiejunas, Donta Hall, Paris Lee, Léo Westermann… « Quand chacun connaît son rôle, sait ce que le coach attend de lui, tout le monde se sent plus à l’aise, confirme ce dernier. Derrière, Mike [James] nous a portés. Il est la tête d’affiche de l’équipe et a encore prouvé que c’était un joueur exceptionnel. »

A tel point que Sacha Obradovic a dû renier quelques principes de son jeu collectif aperçu à Berlin, Krasnodar ou dans son club de cœur, l’Etoile rouge de Belgrade. « On peut voir qu’avant, il jouait d’une façon différente mais il a dû s’adapter à un collectif déjà en place, c’est la force d’un grand coach », salue Léo Westermann.

Il a surtout montré à Monaco la voie du succès et des playoffs d’Euroligue – grâce à 14 succès en 19 rencontres – synonymes d’un ticket renouvelé pour la C1 la saison prochaine.

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Deuxième de la saison régulière de Pro A, la Roca Team doit enfin franchir la dernière marche qui lui résiste après deux finales successives en 2018 et 2019. « Ce serait une saison exceptionnelle car Monaco aura réussi à mener de front les deux tableaux », conclut Ali Traoré.

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