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Le football français au risque de la financiarisation

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Analyse. « Le football français est sauvé. » Début mai, le président de la Ligue de football professionnel, Vincent Labrune, ne dissimule pas sa satisfaction. Interrogé par Les Echos, le patron du foot français reconnaît que ce dernier « reste convalescent » après avoir traversé « une tempête », mais il envisage un futur rutilant pour le championnat de France. Malmené par deux années de crise au cours desquelles la pandémie de Covid-19 et ses conséquences – arrêt des compétitions au printemps 2020, rencontres à huis clos la saison suivante – ont été suivies par la faillite du diffuseur Mediapro, à la fin de 2020, le monde du ballon rond hexagonal va désormais de l’avant.

Début avril, la Ligue de football professionnel a finalisé un accord dans lequel elle fait entrer à hauteur de 13 % un mastodonte de la finance, le fonds luxembourgeois CVC Capital Partners, dans le capital d’une société commerciale qu’elle va créer. Conséquence directe de cette arrivée, le fonds, créé en 1981 et qui investit massivement dans le sport mondial (après la formule 1, il a notamment signé un « partenariat stratégique à long terme » avec le Tournoi des six nations, en rugby), va injecter 1,5 milliard d’euros, dont 1,1 milliard reviendront aux vingt clubs de la Ligue 1 et leur permettront d’éponger leurs dettes.

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Selon le dernier rapport de la direction nationale du contrôle de gestion, la saison 2020-2021 a été marquée non seulement par la pandémie et le fiasco du diffuseur Mediapro, mais aussi par un déficit abyssal pour les clubs de Ligue 1. Avec dix-sept équipes (sur vingt) dans le rouge, le championnat de France a perdu 645 millions d’euros la saison passée, après 269 millions au cours de la précédente.

« Echapper au scénario du pire »

« Cet accord (…) nous permet d’échapper, à court terme, au scénario du pire [la faillite pure et simple de nombre de clubs], expose Vincent Labrune dans Les Echos. Cela va bien au-delà d’une simple bouffée d’oxygène. Ce n’est pas un plan de sauvegarde mais un plan de développement. » L’ancien dirigeant de l’Olympique de Marseille prévoit « un véritable nouveau départ » pour le football français. Mardi 14 juin, l’annonce de la rétrogradation administrative en National (3e division) des Girondins de Bordeaux, aux finances précaires depuis leur rachat par plusieurs fonds d’investissement, a rappelé la fragilité de nombreux clubs.

Providentielle pour les clubs, l’arrivée de CVC n’est pas une initiative philanthropique. En investissant dans le championnat de France, le fonds vise à faire fructifier les droits audiovisuels de la Ligue 1 pour, in fine, récupérer sa mise.

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